La bataille d'Alep a commencé en 2012 pour se figer pendant deux ans sur un ligne de front qui sépare la ville en deux. La partie Ouest conservée par l'armée où vit plus d'un million de civils et la partie Est où sont piégés environ 300 000 personnes. Comme à Stalingrad, ou à Beyrouth dans les années 70, la ville s'est transformé en un vaste champ de bataille mêlant des zones habitées et des zones de front faisant énormément souffrir les civils qui sont les premières victimes de ce conflit.

"Alep 2014 Le chaos"

De 2012 à 2014 Alep connu une guerre de tranchées et de bombardements, comme la première guerre mondiale mais au milieu d'une ville de 2 millions d'habitants, dont la majorité sous l'autorité, le contrôle et la protection de l'état syrien. Ils vivaient quasiment encerclés, approvisionnés par les airs, car ce sont les djihadistes qui contrôlaient les campagnes et la route reliant Alep à Homs. Il y eu des batailles ponctuelles pour inverser les rapports de forces sur le terrain, mais non significatives dans le résultat, et ponctués de périodes d'accalmies car les deux parties intensifiaient plutôt leurs efforts de guerre sur Homs, la banlieue de Damas et la frontière syro-libanaise.

La situation empirait inexorablement pour les civils. Ceux qui vivaient en zone djihadistes étaient soumis à une sharia dévoyée et criminelle servant les intérêts des vainqueurs, établissant un esclavage sexuel pour les femmes conquises et des exécutions à la chaîne. D'un point de vue militaire les djihadistes disposent d'une invention purement démoniaque qu'ils appellent eux-mêmes "Hell bombs", les bombes de l'enfer, fabriquées à partir de bouteilles de gaz chargées d'explosifs et propulsées par un canon artisanal...et aveugle. Ils sèment également la terreur dans les rangs syriens en se jetant contre eux avec des voitures suicides. Ils sont enfin experts dans la construction de tunnels qu'ils utilisent pour attaquer par surprise, ou qu'ils bourrent de tonnes d'explosifs pour faire exploser les bâtiments en surface.

Guerre maffieuse chez les djihadistes

Et si le chaos de la guerre n'était pas suffisant, en 2014 une guerre improbable et très violente s'ajouta à la guerre. Un chaos sur le chaos. Les djihadistes s'entretuèrent pour le contrôle de la partie dont ils étaient les maîtres. D'un côté #Daesh, soutenu ouvertement par l'Arabie Saoudite et la Turquie, et de l'autre Al-Nosra (Al Quaeda en #Syrie) soutenue non moins ouvertement par le Qatar et la France. On se souvient de la désormais fameuse formule de Laurent Fabius, ministre français des Affaires Etrangères à l'époque: "Al Nosra fait du bon boulot en Syrie!" Et ce sont en effet les djihadistes d'Al Nosra qui l'emportèrent et chassèrent Daesh de la ville D'Alep. Beaucoup de chefs des deux groupes ont été exécutés. (La France, pas revêche, vendant ses armes par milliards au Qatar et aux Saoud...) Le sort des civils n'en n'a été que plus dramatique au milieu de cette guerre de pouvoir quasi maffieuse, les djihadistes n'hésitant pas à les utiliser comme boucliers humains dans leurs combats sans fin.

C'est alors qu'au courant 2015, les russes décidèrent de soutenir la Syrie. avec leurs missiles et leurs bombardiers pour mettre fin à cette aventure criminelle du djihadisme international, dont chacun ne peut qu'observer horrifié la barbarie camouflée d'un pseudo discours religieux. Les syriens loyalistes ont pu reprendre leur souffle, emporter des batailles importantes dans le pays telle que la ville de Palmyre, verrou du désert syrien, et préparer leur contre-offensive générale sur Alep. Les habitants d'Alep ont appris cette nouvelle de l'offensive pour leur libération prochaine avec un sentiment d'espoir teinté d'angoisses car ils savaient d'avance que le prix serait lourd. Et ils ne se sont pas trompés, chaos sur le chaos, Alep subit depuis d'intenses campagnes de bombardements qui n'épargnent rien ni personne.

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