Depuis un moment, plusieurs pays africains prétendent avoir été victimes de vol de leurs objets d'#Art pendant la colonisation. Certains pays africains comme le Bénin par exemple, ont engagé des poursuites judiciaires contre l'ancienne puissance coloniale, espérant ainsi, se voir restituer lesdits objets d'arts. Mais, à voir de près, ces actions judiciaires en restitution présentent de nombreux obstacles. En effet, sur le plan juridique, les accusés disposent de peu de moyens à l'appui de leurs réclamations. Ce qui n'est pas le cas du côté des accusateurs. Voyons quelques arguments en faveur des accusés, en l'espèce, les anciennes puissances coloniales.

 

Les conditions d'appropriation des objets d'art difficiles à démontrer : rien ne prouve que les objets d'art ont été volés

Dans une #Afrique de l'oralité, on n'a pas de preuve écrite sur les modalités des transactions concernant ces objets d'art. Les puissances coloniales (les accusées) peuvent soutenir les avoir achetés, ou les avoir reçus en cadeau. Deux arguments qui se justifient pleinement. D'abord, pour ce qui concerne d'éventuels cadeaux, dans la tradition africaine, lorsque l'on reçoit un étranger, on ne le laisse pas retourner chez lui les mains vides. On lui remet des cadeaux de souvenirs. Il est donc fort possible que nos ancêtres aient offert en cadeaux, des objets d'art à ceux qu'ils ont reçus. Ensuite, les accusées peuvent arguer que les objets d'art africains leur ont été vendus, et qu'ils les ont achetés, même à vil prix. Là, aussi, on ne pourra pas les contredire, et ce, quelque soit la valeur de ces objets. A ce niveau, il suffit d'observer la réalité qui prévaut actuellement en Afrique où, des richesses nationales sont bradées à vil prix, à des multinationales. Pour finir, non seulement, il n'y a pas de preuve écrite sur les modalités de transactions de ces objets d'art, mais encore, la plupart des témoins qui pourraient nous en parler sont morts.

 

L’usucapion ou la prescription acquisitive : l’acquisition de la propriété par la force du temps

Selon l'article 2258 du code civil français en vigueur encore dans pays africains, francophones : "La prescription acquisitive est un moyen d'acquérir un bien ou un droit par l'effet de la possession sans que celui qui l'allègue soit obligé d'en rapporter un titre ou qu'on puisse lui opposer l'exception déduite de la mauvaise foi". Du temps de la colonisation jusqu'aujourd'hui, il y a plusieurs décennies que les objets d'art sont dans les mains des anciennes puissances coloniales. En Droit, et par effet de l'Usucapion, ces objets d'arts leur appartiennent.

 

Le cas de la colonisation d'assimilation

Les anciennes colonies britanniques peuvent légitimement réclamer à la Grande Bretagne leurs biens ; car la Grande Bretagne a pratiqué la colonisation d'associations. Sous ce régime, le colonisateur et le colonisé étaient séparés et n'avaient rien en commun. Ils vivaient chacun, de son côté, avec ses biens en propre. Il n'en est pas ainsi de la colonisation française d'assimilation où, le colonisateur et le colonisé appartenaient de fait, à la même communauté nationale, avec les biens des uns et des autres mis ensemble, au service de la seule et unique nation. Sous ce régime de la colonisation assimilationniste, il n'y avait pas de pays africain indépendant, avec ses biens en propres. Donc, les objets d'arts africains, en possession de la France avant les indépendances des pays africains sont à la Métropole, c'est-à-dire, à la France.

 

L'Afrique pourra-t-elle payer à la France, le prix de la garde et de la conservation ?

La restitution aura un coût. En effet, ces objets d'arts africains, gardés et conservés soigneusement en France, en Europe, auraient-ils bénéficié de la même attention en Afrique ; pour être retrouvés en l'état ; des décennies après ? Pas si sûr. Les accusées pourraient évaluer le prix de leur prestation. Et c'est là, où, la note pour la garde et la conservation risque d'être salée, très salée. Pour l'Afrique ! #Justice