A 6 semaines du scrutin, qui se déroulera le 8 Novembre 2016, le premier débat opposant Donald #Trump à Hillary #clinton a ouvert les voies au duel américain. Ce lundi soir s'affrontait les deux Amériques, l'une se voulant républicaine, conservatrice et protectionniste, représentée par Donald Trump, face à une #amérique démocrate qualifiée de libérale, dominée par Hillary Clinton. Dans cette confrontation initiale que USA Today considère comme déterminante, car montrant de suite la domination d'un candidat sur l'autre, les attaques se sont multipliées.

 

Des postures différentes

La crainte de la démocrate de voir un "nouveau" Trump, plus raisonnable et nuancé, s'est définitivement éteinte ce lundi soir. Tentant en vain de prendre une position d'homme dominant, le candidat s'est retrouvé dans celle d'enfant capricieux et désabusé, multipliant mimiques légères et yeux levés aux ciels, traduisant son impuissance. Les attaques répétées du candidat républicain à l'égard de la santé fragile de son adversaire n'ont pas déstabilisé cette dernière, se donnant à voir souriante et affichant un contrôle inébranlable. Bafouillis, anxiété et désenchantement se sont emparés de Donald Trump, qui n'a répondu dans ce débat que par attaques envers son adversaire, sans réelles défenses de ses propres positions, ou arguments développant ses promesses, donnant à penser aux Américains la caractère inapplicables d'un discours enjôleur. Répétant sans cesse les mêmes formules, Trump est alors tombé dans les pièges déployés par Clinton, sans même penser à attaquer celle-ci sur l'embarras qu'a récemment engendré sa boîte mail et le malheureux "accident" ayant effacé tous les courriels en question. Hillary Clinton, apparaissant comme nerveuse avant ce débat, n'a pas hésité à remettre divers sujets sur le tapis, rendant Donald Trump coupable de comportements discriminatoires vis-à-vis de la communauté noire, ou encore en accusant le candidat de ne pas payer ses employés. Face à ceci, le républicain désemparé n'a eu d'autres réponses que l'issue du procès pour discrimination (réglé à l'amiable), ou alors une réponse simpliste telle que "Il n'avait probablement pas bien travaillé" concernant l'impayé d'un de ses architectes.

 

Des différents personnels

Malgré, n'oublions pas, le financement en 2008 de Donald Trump pour l'investiture démocrate de Hillary Clinton. Le républicain n'a pas hésité à venter sa supériorité sur la démocrate: "J'ai un bien meilleur jugement qu'elle. Un bien meilleur tempérament qu'elle. J'ai un tempérament de gagnant".  Interrompant de multiples fois la candidate (51 fois contre 17 fois pour Hillary Clinton), Donald Trump n'a pourtant eu un discours que très général, évoquant des concepts généraux tels que paix et prospérité de façon légère. Hillary Clinton, de son côté, a attaqué le candidat sur sa susceptibilité, rétorquant qu"un homme qui se vexe pour un tweet ne devrait pas approcher ses doigts des codes nucléaires." Dans la question dominante, ayant par ailleurs ouvert le débat, interrogeant le type de pays souhaité, le futur envisagé pour l'Amérique, les réponses furent embrouillées voire inexistantes du côté républicain, face à un déploiement d'arguments démocrates, donnant à la fin du débat une supériorité de 62% dans les sondages pour Hillary Clinton face à 27% pour Donald Trump.

 

Des questions éludées?

La domination de Donald Trump dans les précédents sondages a t-il amené ce dernier à, comme il a aimé le répéter, ne pas préparer le discours ? Du côté démocrate, Hillary Clinton a t-elle volontairement passé aux oubliettes des questions telles que son engagement pour la guerre en Irak (qu'elle a avoué avoir regretté), ou alors l'IVG que la candidate souhaite restreindre ? Le fait que la candidate ait toujours été favorable à l'entrée en guerre, tout comme son discours pour la peine de mort et la question du mariage homosexuel, semble avoir été éclipsé par des débats économiques. Pas si simple de choisir l'avenir de l'Amérique.