Vous souvenez-vous de l’École de vente de Bernard Tapie ? Ou plutôt des écoles Tapie, dont la première ouvrit, à renforts de publicité, en 1986, à Béziers. Les premières promotions trouvaient vite des emplois. Les suivantes… La CCI de Béziers, en 1995, reprenait l’École de vente B. Tapie. Il y en eu à Soissons, Marseille, Compiègne, Montreuil, et en Belgique, en Suisse… Tapie avait aussi ouvert, pour des chômeuses, des Écoles Forme-Beauté. Les perspectives d’emploi firent pschitt et les écoles flop. L’affaire de la Trump University, c’est un peu similaire. Il s’agissait, de 2005 à 2010, de former des pros de l’immobilier. Autres différences : l’accès aux sessions était fort cher, la presse américaine est plus féroce que la française, les Américains floués farouchement procéduriers.

 

Large distribution de dons

Le concurrent de ''The Donald'' aux primaires, Mitt Romney, l’avait qualifié d’escroc : « ses promesses ne valent pas plus qu’un diplôme de la Trump University ». Hillary Clinton y fait aussi allusion. Des poursuites furent envisagées en 49 États, dont la Floride. En septembre 2013, la procureure générale de l’État, Pam Bondi,  annonçait qu’elle avait enregistré 22 plaintes et engagerait des poursuites. L’année suivante, sa réélection s’annonce délicate. Trump n’est pas rancunier. Il ouvre sa résidence Mar-a-Lago (126 pièces) de Palm Beach à des invités – à 3 000 USD le couvert, au profit de la campagne de réélection de Bondi. Il se consent une très faible commission de 5 000 $ (Mar-a-Lago se  loue 140 000 $ la soirée). La Fondation Trump avait auparavant versé 25 000 $ au comité de campagne de la procureure, puis, avec sa fille Ivanka, il donnait encore une aumône (500 euros chacun) avant d’arroser le Parti républicain local d’un don de 125 000 $ pour favoriser la réélection de la procureure. Les poursuites contre la Trump University étaient abandonnées… Trump dit galamment des récipiendaires de ses dons que s’il les appelle par la suite « ils me lèchent le cul (…) quand je veux quelque chose, je l’obtiens ».

 

Bientôt la version Simpsons

Les plaignants se répandent dans la presse, Trump et Bondi « sont de mèche ». Des arrhes pour des sessions annulées restent dues ; les fameux séminaires, en présence d’une photo de Trump, consistaient à débiter des généralités (hautement originales pour des invités personnels à titre gracieux, priés d’aller ensuite d’aller se répandre dans les médias). En au moins trois autres États, dont le Texas, Trump avait consenti un don à des procureurs. 48 parquets ont déclaré que les poursuites devant celui de New-York aboutiraient à indemniser tous les plaignants de chaque État. Un ex-employé de Trump a indiqué que ce dernier aurait signé divers chèques au profit de procureurs. Mais en Californie, il s’est mis à dos le juge Gonzalo Curiel. Trump ne s’est pas privé de souligner ses origines mexicaines pour tenter de le faire récuser (le conflit d’intérêt portant sur les déclarations de Trump sur les Mexicains et le mur frontalier annoncé). Trump promet de le faire destituer s’il était élu. Tout cela fera le bonheur d’une future émission satirique des Simpsons (un programme d’animation très suivi).Bondi a largement soutenu Trump en Floride et se dit à présent la cible d’Hillary Clinton, et qu’elle répliquera. Le dossier ne serait jamais arrivé sur son bureau, des subalternes auraient décidé le classement vertical des plaintes. L’affaire avait été déjà évoquée en juin par l’agence AP. Mais en ressortant l’affaire de Mar-a-Lago, le Huffington Post l’a totalement relancée. Pour s’en défaire, aujourd’hui à Philadelphie, Trump a évoqué des dépenses massives pour la Défense. Son désamour avec la presse se poursuit : pour la première fois en trois quarts de siècle, le Dallas Morning News soutient les Démocrates : « il n’y a qu’un seul candidat sérieux : Hillary Clinton ». Au Texas, selon les sondages, les deux concurrents restaient au coude-à-coude. #Donald Trump #Élections #Etats-Unis