Victor Ponta, 44 ans, avait été, en 2012, l’un des plus jeunes Premiers ministres d’Europe… Trois mois plus tard, il est accusé d’avoir plagié copieusement sa thèse sur la Cour pénale internationale (il ne renonce à son titre de docteur qu’en Décembre 2014). Entré en guerre avec le président Basescu, il sera soupçonné d’avoir fait tripatouiller un référendum, fin Juillet 2012, destiné à le destituer – en vain. Il échoue ensuite à se faire élire président, en Novembre 2014. Au final, après le tragique incendie d’une discothèque de la capitale ayant fait de nombreuses victimes du fait du non-respect des normes de sécurité, la rue le contraint à la démission, début Novembre 2015. Dès Juin 2015, la DNA (Direction nationale anticorruption) cherche à le faire inculper sous divers chefs de poursuites. Il sera déjà mis en examen par le parquet en Juillet 2015.

 

Pour régaler Tony Blair

Le voici impliqué dans une nouvelle affaire de #Corruption. Il avait déjà été assigné, ainsi qu’un intermédiaire pour avoir extorqué des sommes à des candidats de son parti aux législatives de 2012. Cette fois, il est placé sous contrôle judiciaire pour deux mois ; il proteste de son innocence. Cette détention est peut-être due aux déclarations d'un co-accusé, Sebastian Ghita ; il tenté de minimiser l’accusation d’enrichissement personnel. Les 220 000 euros reçus d’un homme d’affaires n’auraient pas fini dans sa poche, ni celle de Ponta, mais peut-être – en totalité ou partie ? – dans celles de… Tony Blair. Car l’ancien Premier ministre britannique, tout comme Nicolas Sarkozy, tarifie ses interventions. Pour se mettre en valeur, Victor Ponta, en Mars 2012, le fait venir en #Roumanie à l’occasion d’une conférence, histoire de parader avec lui, et de se conférer une stature plus forte que celle du président Basescu. C’est partiellement crédible ; on imagine mal Tony Blair admettre qu’en sus de sa rétribution officielle, il aurait perçu un dessous de table.

 

Fini politiquement ?

Le président du Sénat roumain, Calin Popescu Tariceanu, a prudemment exonéré Victor Ponta d’enrichissement personnel. "Tony Blair, et d’autres, se font payer fort cher, tout à fait légalement", a-t-il déclaré. Cette nouvelle affaire viserait à faire sortir Victor Ponta de la scène politique. C’est en tout cas réussi dans l’immédiat puisque la mise sous contrôle judiciaire, si un appel ne la lève pas, empêchera l'ancien chef de file du parti PSD de figurer sur les listes des candidats qui devront être déposées, en Octobre prochain, en vue des législatives. C’est en tout cas ce que prévoit l’entrée III-1-c du code de déontologie du parti : "en cas d’arrestation préventive, assignation domiciliaire, mise sous contrôle judiciaire ou d’autres types d’infractions", les candidats ne peuvent être investis.

 

En fait, le coup, si coup monté il y a (on ignore comment la DNA a eu vent de cette affaire), pourrait provenir des rangs du PSD. L’une des dernières initiatives de Ponta, au début de ce mois, consistait à exiger l’ouverture d’une commission d’enquête sur un éventuel transfert d'armes atomiques américaines localisées en Turquie vers la Roumanie. Cela découle d’une information publiée par le portail EurActiv, considéré "pro-russe" par Ponta. Le groupe s’est désolidarisé. La question des relations entre la Roumanie et la Russie est très sensible et alors que la conscription militaire a été supprimée en 2007, elle a été mal compensée, voici un an, par un appel à ouvrir un service militaire à des volontaires. Le pays s’inquiète de l’évolution en Moldavie roumanophone voisine, ex-République de l’URSS, en délicatesse avec le Kremlin.

 

Marine Le Pen déçue ?

Cette mise sous contrôle judiciaire tombe mal pour #Marine Le Pen. Son groupe au Parlement européen avait lancé une invitation à Victor Ponta. Marine Le Pen s’était rendue en Roumanie en Avril dernier. Victor Ponta tenterait un rapprochement avec le très nationaliste Parti de la Roumanie unie (PRU) fondé par un dissident du PSD.