On entend parler des #Kurdes surtout dans leur guerre contre L'Etat Islamique. Mais ce que l'on sait moins, c’est que hors des champs de bataille, et depuis leur déclaration d’autonomie en novembre 2013, ils s’attèlent à la création d’un nouveau modèle de société particulièrement intéressant à étudier. Ce mode de vie, qui passe par une révolution économique et éducative, est inspiré des principes théorisés par Abdullah Öcalan, le fondateur du PKK turc, et figure politique dont se réclame le parti politique en place au #Rojava, le PYD.

L’économie communautaire du Rojava

L’économie au Rojava est sociale, elle rejette le capitalisme ; elle se base sur le besoin et non sur l’accumulation de biens ou sur la liquidation du surplus de production, ainsi que sur une économie locale décentralisée.

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Des petites unités de production : les coopératives (fabriques d’uniformes, production agricole, produits laitiers, élevage) sont le lieu de travail principal pour les habitants de Rojava. L'agriculture et l'exploitation des ressources naturelles représentent les secteurs économiques prioritaires à développer pour atteindre l'objectif de l'autosuffisance.

Les zones kurdes de #Syrie sont les plus fertiles du pays : elles représentaient 70% de la production céréalière du pays. Elles sont aussi riches en ressources souterraines : il y a 200 champs pétroliers actifs sur les territoires autonomes. Ne possédant pas de raffineries, les habitants en ont improvisé quelques-unes par leurs propres moyens. Comme la population manque de moyens et de matériels, on peut parler « d’économie de la débrouille », où tout un chacun trouve des solutions pratiques en utilisant ce qu’il a sous la main, et tous ne touchent pas un salaire régulier.

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Les dépenses des régions autonomes sont réparties en deux : 70% du budget est destiné au financement de la guerre (armes, nourriture et uniformes), et représente environ 20 millions de dollars par an. Les 30% restant servent aux services publics ; car l’éducation et la santé sont gratuits. Quant aux recettes publiques, elles proviennent de deux sources principales : les frais demandés au passage aux frontières et la vente de pétrole à l’économie locale. Il n’y a pas de collecte de taxes ni d’impôts imposés au Rojava.

Les kurdes syriens et leur système d’éducation inédit

L’éducation au Rojava est l’outil de diffusion de la «culture révolutionnaire» à travers toutes les couches de la société. Il n’y a pas de hiérarchie entre professeurs et étudiants car le système rejette la transmission de connaissances unilatérale : il est plutôt basé sur la discussion et le partage d’expériences. Chacun apprend aux autres et apprend des autres. Ce modèle éducatif n’a pas pour objectif d'enseigner comment construire une carrière fructueuse, mais plutôt de développer la libre pensée dans le cadre d'un système de démocratie participative.

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Une matière assez inédite est enseignée dans les programmes scolaires : la «Science des femmes» ou Jineoloji, dont l’objectif est de «pallier à la non-existence de la connaissance des femmes dans l’histoire» selon le professeur Dorsin Akif. Une grande part de l’enseignement vise à déconstruire le concept de genre, qui n’est pas reconnu par le système, en redéfinissant la masculinité et la féminité sur une base d’égalité.

L'enseignement s'effectue dans les académies, que l’on pourrait comparer à nos universités. Il en existe dans tous les domaines : l’académie de l’économie, de la diplomatie, des langues, de l’auto-défense, etc. Des femmes et des hommes de tout âge et venant de toute communauté sont formés dans ces établissements. En ce qui concerne l’enseignement primaire et secondaire, l’éducation est adaptée à la langue et au milieu socio-culturel de l’élève, et n’est pas uniformisée sur un modèle unique.

Au Rojava, être éduqué ne donne pas à l’individu un haut statut dans la société, contrairement aux systèmes occidentaux, l’éducation est un outil de participation à la vie sociale et doit être partagée.