Le #gabon traverse une crise politique majeure dont il faut sortir en instaurant un modèle politique nouveau en termes de gouvernance. Ce modèle permettrait d’instaurer une gouvernance présidentielle alternée sur un mandat politique de 7 ans, compte tenu du blocage politique actuel. Ali Bongo refuse le recomptage des voix comme le demandent la France, l’Union européenne et d’autres observateurs étrangers. Bongo refuse car il demande que l’on respecte la loi gabonaise qui oblige les contestataires du résultat d’une élection à s’adresser à la Cour constitutionnelle. #Ali Bongo est pour le respect de la loi et donc de la légalité. En revanche, Jean Ping, au nom de la légitimité et des observations d’une partie de la communauté internationale, estime qu’il est le vainqueur de l’élection présidentielle et que présenter un recours devant la Cour constitutionnelle est un moyen de perdre l’élection sur le tapis vert, car il pense que la Présidente actuelle de la Cour constitutionnelle et belle-mère d’Ali Bongo, ne favorisera jamais ses revendications en matière de recomptage des voix.

 

Nous sommes donc dans une situation bloquée. Il faut en sortir et si les acteurs de la scène politique gabonaise sont d’accord pour accepter la médiation de l’Union africaine proposée par son Président en exercice, Idriss Déby, Président du Tchad, il n’est pas inutile (ce que je fais ici et maintenant) de proposer un modèle politique de gouvernance et de sortie de crise. Ce modèle n’a pas vocation à être un modèle ultime mais une esquisse de réflexion qui partirait de l’Afrique et des Africains eux-mêmes. Il ne s’agit pas de créer un gouvernement d’union nationale, même si les formes d’alternance gouvernementale que je propose peuvent donner l’impression d’un gouvernement dont les deux protagonistes se partagent le pouvoir.  Il s’agit de créer un modèle de coopération présidentielle avec une durée limitée de 3 ans et demi pour chaque protagoniste, Bongo et Ping. C’est un modèle à haute intensité politique car il nécessite une réflexion très concrète et pratique entre les deux camps sur la maîtrise des Ministères régaliens et sur le fonctionnement du bicéphalisme à la tête du gouvernement, marqué par Ali Bongo Président/Ping Premier Ministre pendant 3 ans et demi et, Ping Président/Ali Bongo Premier Ministre pendant les 3 ans et demi restants.

 

Pendant cette gouvernance alternée, il revient aux deux dirigeants de réfléchir sur le remodelage administratif des circonscriptions, sur les conditions de sécurisation des votes et sur la nature du régime politique nouveau à installer après cette cohabitation d’un type nouveau. Il revient aux Africains de réfléchir de façon pratique sur leur capacité d’accéder à la démocratie, sans toujours se vautrer dans les recommandations de gouvernance démocratique que propose l’Occident, qui souvent agit en fonction de ses intérêts et non celui des Africains aux motifs que les Occidentaux sont les bailleurs de fonds et les dépositaires du savoir scientifique et technologique.

 

Ce modèle que je propose est critiquable car il est nouveau pour l’Afrique, mais il a au moins le mérite de contextualiser la compétition politique brutale en Afrique et de dessiner les contours d’un modèle démocratique qui tienne compte de l’universalisme des principes fondamentaux de la démocratie et de l’exercice du pouvoir en Afrique souvent orienté par des conceptions régionales, tribales ou claniques. La plupart des intellectuels africains refusent clanisme et tribalisme et, pourtant, ce sont des facteurs tellement vrais qui pourrissent et influencent la vie politique en Afrique et pas seulement au cours des élections.   #Jean Ping