Sur le site de WikiLeaks, depuis ce lundi matin, il y a désormais 36 900 courriels reçus ou envoyés par John Podesta, le directeur de la campagne présidentielle d’#Hillary Clinton. WikiLeaks les a dévoilés en trois phases, et ce sera la dernière. Contiennent-ils vraiment des choses désastreuses, des révélations gênantes ? C’est toute la question et il vraiment ardu de trouver ceux qui feraient mal parmi une aussi abondante correspondance qui comprend des revues de presse, des annonces publicitaires (comme tout le monde), des choses personnelles, mais pas de pièces jointes. J’ai appris que « HRC » était l’abréviation pour la candidate, mais à part cela, rien trouvé de sensationnel. Quant aux quelques 650 000 messages retrouvés sur un ordinateur parfois utilisé conjointement par Huma Abedin et son ex-mari Anthony Weiner et que le #FBI va examiner, eh bien, à moins de jouer la montre… l’élection aura eu lieu avant qu’il soit possible d’incriminer l’adversaire de #Donald Trump. À moins, à moins… qu’il y ait des fuites arrivant chez The Donald. Le truc, c’est qu’il proclame que cet ordinateur contient des choses terribles, et que certains électeurs encore indécis pourraient le croire sur parole. L’ordinateur d’Huma Abedin, très proche d’HRC, contient des courriels de cette dernière. Pour le moment, et pour quelques temps, on devrait rester dans l’ignorance de leur nature. Mais le mal serait fait, et après avoir devancé Donald Trump de 12 points dans les sondages, l’écart entre elle et lui se serait amenuisé à tout juste un malheureux point… Dit comme cela… Mais qu’en penser ?

Sondeurs déboussolés

D’abord, tous ces sondages sont censés comporter une marge d’erreur de trois ou quatre ponts. Donc, un point, c’est peut-être moins trois ou plus trois, ou six, par exemple… D’autre part, il semble qu’une grande majorité des déjà décidés maintiennent leur position. 63% n’accordent qu’un intérêt vraiment très relatif à ces histoires de courriels, et ceux qui les estiment très importants sont des électeurs déjà acquis à Trump. Par ailleurs, il semble que les nombreux votes par anticipation (c’est autorisé outre-Atlantique) devraient davantage profiter à Hillary Clinton. Et puis, les sondages partiels, soit État par État, la donnent généralement en tête. Certes, l’Arizona, qui semblait devoir basculer, conserve Trump deux points en tête. Globalement, elle reste très forte dans la classe d’âge 18 à 34 ans, et toujours mieux placée chez les femmes et les minorités. Michelle Obama, très populaire, continue à mouiller sa chemise pour elle sur les routes, et son mari va se rendre dans l’Ohio et la Caroline du Nord. Son ex-adversaire des primaires, Bernie Sanders, va visiter deux autres États. Sauf terrible révélation, même si l’écart se resserre un peu, Trump peut rester soucieux. Sa dernière ? Insister de nouveau sur la torture lors des interrogatoires des terroristes (il faut se montrer « pretty vicious », pretty étant ici superlatif). Et puis, le FBI pourrait aussi sortir des choses sur ses relations avec les Russes. Aussi, l’accusation de trucage du scrutin pourrait se retourner contre son colistier, Mike Pence, gouverneur de l’Indiana, où la police a fait une descente dans un bureau d’enregistrement des électeurs et est accusée de dissuader les Noirs de voter. Le directeur du FBI est de même accusé d’avoir enfreint une loi (le Hatch Act) lui interdisant d’influencer une élection. Il a été critiqué par des douzaines de magistrats. Et surtout, il faut 270 votes de grands électeurs pour prendre les clefs de la Maison Blanche. Même les analystes républicains ne donnent pas Trump gagnant sauf… retournement total de tendance. Et puis il y a la presse. Le Miami Herald lâche le sénateur républicain Marco Rubio (au profit de son adversaire démocrate) car après avoir critiqué Trump, il le soutient. À J-8, cela, c’est un net revirement en Floride. Trump est aussi l'objet d'une plainte nouvelle à Tijuana (Mexique), pour fraude fiscale. Bah, il mettra un mur !