Malgré de nombreuses péripéties sur le texte du traité de libre-échange CETA, celui-ci devrait être signé demain. Il est donc utile de rappeler les fondamentaux, et les enjeux de ce traité pour les consommateurs européens. 

Santé, climat

Le principe de précaution, qui était de mise dans l'#UE avant l'arrivée du #CETA, risque d'être modifié. De quoi s'agit-il ? Il s'agit de la vérification systématique d'un produit avant son arrivée sur le marché. Ce produit est-il sain, ne comporte-t-il aucun risque pour le consommateur ou pour l'environnement ? C'est la question que se pose normalement l'UE avant de tolérer sa présence sur le marché. Or, le #Canada agit différemment, et attend de constater la dangerosité d'un produit avant de l'interdire. Autrement dit, il est disponible sur le marché canadien entre le moment de son arrivée et celui du constat de dangerosité. Pour le Canada, ce n'est donc pas "mieux vaut prévenir que guérir." Or, les produits canadiens risquent d'arriver sur nos marchés sans vérification préalable ; aucune clause du CETA ne prévoit cela. 

Concernant le climat, la réponse est simple : aucune contrainte environnementale ne figure dans le texte. Pourtant, plusieurs pays avec comme figure de proue la France avaient décidé, il y a moins d'un an, lors de la COP21, de limiter la hausse des températures à 1.5°c. Ainsi, avec le CETA, le Canada pourra exporter pétrole et gaz de schiste vers l'UE sans aucun problème. 

Economie

Notre agriculture, qui peine énormément aujourd'hui, verra arriver sur son territoire une concurrence déloyale. En effet, des centaines de milliers de tonnes de viande bovine et porcine pourraient arriver subitement, compliquant davantage encore la subsistance de nos éleveurs. En outre, nos appellations d'origine protégée pourraient disparaître pour laisser place à la concurrence canadienne. Cela signifie que pour le camembert "Pont-l'évêque" de Normandie, par exemple, n'importe quel fromage pourra porter ce nom, y compris les fromages canadiens. L'origine et le savoir-faire local seraient ainsi remis en cause.

Justice

Les multinationales auront plus d'emprise sur la justice. Elles auront notamment le droit d'organiser des tribunaux privés et d'attaquer un Etat en justice si elles jugent qu'une politique publique nuit à leur intérêt économique. Bref, le règne du marché commencera, laissant toute autre considération de côté. 

Un accord a été trouvé, hier, avec la Wallonie. Ainsi, la Belgique est maintenant en mesure de signer ce traité. La signature devrait intervenir demain. Tous les citoyens européens doivent savoir à quoi ils s'exposent.