Il l’avait promis, il l’a fait : réformer la Constitution pour mettre la Côte d’Ivoire sur la voie de la modernité. Le Président #Ouattara, réélu pour un mandat de 5 ans en octobre 2015, estime que la Côte d’Ivoire a connu une période de crise politique qui a culminé avec la crise post-électorale de 2010/2011, période au cours de laquelle le Président Gbagbo a refusé de reconnaître la victoire du Président Ouattara.

 

En présentant l’avant-projet de la réforme constitutionnelle, Ouattara poursuit une série d’objectifs au-delà de ceux d’une Nation ivoirienne plus stable et plus forte. Il souhaite montrer au reste du monde que les Africains sont capables de faire des réformes institutionnelles pour le bien-être de leur population.

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La réforme constitutionnelle poursuit un certain nombre d’objectifs, comme la fin de la notion d’ivoirité qui disparait de la nouvelle Constitution. La Constitution stipule que le candidat à l’élection présidentielle doit être de père et de mère ivoiriens.

 

La nouvelle Constitution crée un poste de Vice-Président élu en même temps que le Président. En cas de vacance du pouvoir, c’est le Vice-Président qui gouverne. Certains vont jusqu’à dire que ce poste de Vice-Président est taillé sur mesure pour l’actuel Ministre de l’Intérieur, Ahmed Bakayoko, que le Président Ouattara, mais surtout sa femme Dominique, considèrent comme le poulain attitré. Ce poste de Vice-Président est un caillou jeté dans la chaussure de l’actuel Président de l’Assemblée nationale, #Guillaume Soro, qui, selon l’ancienne Constitution, était considéré comme le Président putatif en cas de vacance du pouvoir.

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C’est une bagarre intéressante qui s’annonce entre Bakayako et Guillaume Soro. D’aucuns disent que ce poste de Vice-Président serait occupé par l’ancien Président Konan Bédié. Il va falloir attendre pour voir si cette nouvelle Constitution s’applique directement au Président Ouattara. Dans ce cas, soit il provoque de nouvelles élections et nomme le Vice-Président, soit il le nomme directement sans passer par la case élections. C’est à voir car l’Afrique nous réserve de nombreux mystères en matière constitutionnelle.

 

Il se dit aussi que le Président Ouattara risque de partir à mi-mandat et provoquer des élections nouvelles. La nouvelle Constitution ne prévoit plus de limite d’âge. En revanche, le Président élu l’est toujours pour 5 ans, avec un mandat renouvelable une seule fois. La nouvelle Constitution crée un Sénat avec l’entrée des sages et des vieux du village dans une chambre bicamérale, une partie de ces sénateurs seront nommés par le Président de la République. Ceux-ci lui devront leurs carrières et on peut penser qu’ils voteront dans le sens voulu par le Président de la République.

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Au-delà des enjeux politiques en matière stabilité et de cohésion nationale, la nouvelle Constitution ivoirienne ouvre une fenêtre institutionnelle intéressante. Avant de juger celle-ci dans son fonctionnement, il faut attendre qu’elle soit votée par les députés, qu’elle fasse l’objet d’un référendum et qu’elle soit applicable avec ou sans le Président Ouattara.

 

  #Côte d'Ivoire