Le général Valeri Guerassimov, chef d’état-major des forces russes en Syrie, a commenté l’offensive vers Mossoul qui, selon lui (et les rapports de l’aviation russe), n’aurait pas encore commencé. Surtout, il a critiqué le dispositif coalisé qui fait donner les peshmergas au nord et à l’est, l’armée irakienne remontant depuis le sud avec l’appui de l’aviation, de l’artillerie et des forces spéciales de la coalition. Ce qui laisse l’ouest, vers où partent de nombreux tunnels des djihadistes de #Daesh, seulement exposé aux chasseurs et à des tirs de longue portée depuis le sol. C’est là l’essentiel de la critique des Russes, et sans doute des Turcs qui voudraient, alors qu’ils disposent d’une base au nord de #Mossoul (concédée par les Kurdes en désaccord avec Bagdad), plus activement s’impliquer.

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« Il ne faut pas chasser les terroristes d’un pays à l’autre, mais les détruire sur place », a conclu le chef d’état-major russe. Dans le contexte de guerre froide qui s’envenime, il s’agit aussi de se renvoyer la prise en charge des réfugiés civils… Laisser une échappatoire vers la Syrie peut certes exposer les djihadistes fuyards à des bombardements, mais ils seront nécessairement sélectifs, certains étant accompagnés de leur famille, et mêlés à de nombreux civils.

Pause tactique de l’armée irakienne

Il est faux d’avancer que l’#Offensive n’a pas commencé. Il avait été annoncé que les Kurdes lanceraient les premières vagues au nord, et que l’armée irakienne progresserait lundi. C’est ce qui s’est produit. Mais les critiques russes interviennent alors que l’état-major irakien vient de décider un regroupement tactique de 48 heures après que l’offensive se soit ralentie au sud hier.

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Certaines divisions, dont de blindés, à majorité chiite, n’ont que peu progressé. Ce serait dû à 12 commandos suicides djihadistes et aux mines. Les peshmergas, à l’est, ont aussi procédés à des pauses et regroupements à une trentaine de kilomètres de la ville. Il s’agit de déminer des villages à population kurde. Mais il est estimé que la ligne de défense du califat est moins solide qu’elle l’était à Fallujah ou ailleurs en Irak.

La Turquie met en garde

Le Pentagone met en avant les tirs de missiles et l’entrée en action d’hélicoptères Apache et considère qu’il est « absurde de suggérer qu’il y a eu blocage au jour deux [de l’offensive] ». Le Central Command a énuméré les pertes de l’ennemi (52 objectifs détruits). Mais par ailleurs, les milices iraniennes de la Force populaire de mobilisation et l’armée irakienne progressent aussi vers Tal Afar, à 55 km à l’ouest de Mossoul. Couper la retraite des forces du califat vers la Syrie, en tentant de faire le moins de dommages collatéraux possible (ce que les Russes bombardant Alep commenteront) reste envisagé.

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La pause de l’armée irakienne ne concerne pas des éléments avancés de blindés légers comme l’a constaté ce mercredi la BBC. Les déclarations russes interviennent alors que la Turquie appelle la coalition à mettre sur pied un consensus international afin que Mossoul libérée soit régie par les sunnites locaux sans interférence des milices chiites ou bien entendu des Kurdes. « La Turquie prendra toute mesure pour prévenir cette éventualité », a déclaré le vice-Premier ministre turc, qui évoquait des dissensions entre la population et des milices. Il a aussi averti que toute tentative de repousser les forces turques de leur base de Bashiqa sera considérée comme une attaque directe sur Ankara. La Turquie met en avant la sécurité de sa frontière (1 250 km de la Syrie jusqu’à l’Iran). Sur le terrain, une offensive vise à reprendre la ville chrétienne de Qaraqosh, à 15 km au sud-est de Mossoul. Hamdaniya, autre ville chrétienne, est aussi encerclée. Bajwaniyah, à 30 km au sud, est tombée. La 9e DB irakienne n’est plus, selon son général, Quassim al-Maliki, qu’à 6 km des faubourgs de Mossoul. L’offensive n’est donc que modérément freinée, aussi en raison de la nécessité d’évacuer les civils des localités reprises.