Soit qu’ils abandonnent des positions en Syrie car défaits, soit que le califat dégarnisse ses fiefs syriens pour renforcer #Mossoul, on ne sait. Mais selon les observateurs de la coalition, la défense de la ville a été renforcée par quelques centaines de combattants djihadistes. La défense est aussi renforcée par des boucliers humains : les djihadistes déportent des villageois des localités qui n’ont pas été déjà reprises par les peshmergas kurdes ou les forces spéciales irakiennes. Pratiquement toutes les maisons désertées sont ensuite piégées, et les combattants se réfugient dans des abris souterrains et des tunnels lors d’attaques aériennes.

Publicité
Publicité

Les villages de Samalia et Najafia, qui comptaient un total d’environ 500 habitants, ont été entièrement évacués, les djihadistes embarquant les moins valides dans des camions et ordonnant aux autres de marcher vers Mossoul. Des exécutions ont raison des récalcitrants. Ces civils sont ensuite relogés dans des maisons ou immeubles proches des locaux des combattants ou parqués dans des mosquées ou des bâtiments publics. CNN rapporte qu’un institut d’agronomie a été transformé, dans un faubourg de la ville, en morgue de masse : les corps de 284 hommes ou adolescents exécutés y ont été transportés. Mais il existe d'autres charniers. Dans d’autres villages, des djihadistes parviennent à se cacher dans des tunnels et attendent que les soldats ou peshmergas se soient éloignés, non pour combattre ou prendre à revers, mais pour se venger sur les habitants.

Publicité

De ce fait, la progression de l’offensive est ralentie, mais se poursuit. Des troupes ont été dévolues à la protection des villageois et la détection de djihadistes dissimulés. Des enfants d’une dizaine d’années, formés au combat, sont envoyés sur le front, encadrés par des djihadistes.

Abus de l’armée irakienne

Une envoyée spéciale du britannique The Telegraph a aussi constaté le comportement de certaines unités irakiennes. Dans la ville de Tinah, les policiers ont indiqué que les soldats se saisissaient des tentes et des vivres destinés aux réfugiés ; il n’est pas clair si ces réquisitions visent à secourir d’autres réfugiés ou sont mises à profiter pour améliorer l’ordinaire des soldats irakiens. Mais des scènes d’interrogatoires très musclés (pour user d’une litote) de très jeunes civils ont aussi été observées. À Tinah il s’agissait de forces spéciales qui ont prélevé environ 175 des 200 tentes entreposées ou déjà occupées. Des réservoirs d’eau de l’Unicef ont aussi été saisis.

Publicité

« Huit réservoirs, huit latrines et huit douches ont été emmenés », a confirmé l’Unicef.  Environ 5 000 civils ont fui les combats en se dirigeant vers les zones djihadistes de la Syrie.

Le raid sur Kirkuk repoussé

Une centaine de djihadistes ont été repoussés vendredi et samedi derniers après un raid-éclair sur Kirkuk. Il s’agissait de combattants très entraînés aux combats urbains qui ont bénéficié d’appuis dans la ville. Des combats d’arrière-garde sporadiques se sont déroulés jusqu’à dimanche. Encerclés, deux djihadistes ont déclenché leurs ceintures explosives dans une école. Il ne s’agissait que d’une diversion. Kirkuk se situe à 100 km au sud-est de Mossoul et est contrôlée par les Kurdes. Les combattants se sont dispersés en groupes de cinq pour atteindre des objectifs qui avaient été auparavant repérés. Des cellules dormantes ont réapprovisionné des tireurs d’élite en munitions. Cela augure mal des combats dans Mossoul où des civils sunnites craignent l’arrivée de Kurdes ou de milices chiites. Environ 80 localités ont été reprises au califat mais de brèves contre-offensives ont eu lieu à Rutba et Sinjar. Les troupes d’élites irakiennes sont à présent à environ cinq kilomètres des faubourgs de Mossoul. Les pertes djihadistes s’élèvent à 770 tués au combat ou en attaques-suicides. Les zones reprises représentent quelque 400 km² lundi soir... #Offensive #Daesh