Elle est veuve, à 39 ans, deux fois, orpheline d’un père exécuté par le califat de #Daesh comme ses trois frères. C’est la « grand-mère courage » irakienne, la Jeanne Hachette orientale, qui éclipse la renommée des combattantes kurdes que la presse internationale a mis en avant. Ce fut d’abord CNN, puis la presse britannique (The Independent), et maints aux titres ou chaînes. Beretta au fourreau, elle brandit une machette pour les caméras. Elle commande à une escouade de 70 combattants au sud de Mossoul.

Mossoul, objectif prioritaire

Alors que la Turquie veut écarter les Kurdes de l’assaut contre Raqqa, mais veut prendre la ville avant que la coalition s’empare de Mossoul, les États-Unis soutiennent que cette ville est la cible prioritaire.

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Non sans raison, et mettre en avant une grand-mère sunnite ne peut nuire. Wahida Um Hanadi adopte les méthodes des adversaires, de Daesh ? Qu’importe. Elle dit même les surpasser. Elle décapite, met ensuite les têtes à la cocotte, et brûle les restes des cadavres. Face à la #propagande très sophistiquée du califat, qui peut mobiliser quatre caméras pour filmer une exécution, cela reste quelque peu amateur, mais quand même efficace. Alors que l’armée irakienne avait tant cédé du terrain face à des combattants ne faisant pas de quartier, répliquer à la terreur par la terreur incite à la désertion. De plus, les analystes de la guerre psychologique ont compris que les combattantes kurdes déstabilisaient les machistes de Daesh. Les Kurdes sont laïques, ou professant un islam progressiste, une sunnite portant le voile bien davantage moralement redoutable.

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Frapper les esprits

Je me souviens de l’#Irak de 1967. Des ruines fumantes des raffineries bombardées par des mirages israéliens. Pourtant, c’était « di Gaulle, sik-sik ». France et pays arabes pareils depuis le fameux « peuple dominateur » du général. Je me souviens de ce grand-père bédouin faisant poser son arrière-petit-fils sur un cheval avec cimeterre et flingot, me disant dans un anglais parfait que les Israéliens ne l’emporteraient pas car ses petits-enfants rendraient œil pour œil, dent pour dent. Que Wahida Um Hanadi soit ou non une cheffe de guerre importe accessoirement. Il est fort possible qu’elle le soit, et l’islam a compté des ministres, des lettrées, des femmes d’influence, et des guerrières. Depuis Hajer et Sarah, femmes d’Abraham, et la mère d’Issa (Jésus), Meryam, les femmes sont honorées. On sait s’en servir, comme l’a fait le FLN algérien, puis les reléguer aux seconds rôles. La Jeanne Hachette de l’islam, c’est Nusayba Bint Ka’b al Ansariya, une Sahabiyya. Blessée à la bataille d’Uhud, mais capable de couper les jambes d’un ennemi.

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Louée par le prophète Mohamet (que son nom, &c.).

Conflit dissymétrique

En face, Daesh peut aligner des femmes kamikazes. Elles se font sauter, envoient leurs fillettes se faire sauter, mais restent anonymes (ou célébrités très éphémères). Dans un tel conflit dissymétrique, faire saisir à un djihadiste de la banlieue de Liverpool ou de Paris qu’une femme, une grand-mère, l’égorgera, le saignera tel un jeune bélier, n’a rien d’anodin. En sus, c’est faire appréhender que les croyants sont les principales victimes du fondamentalisme radical. Même les attentats de Paris ou de Nice n’ont pas réussi à éradiquer toute une famille. Imaginez la répercussion sur le psychisme du bac moins deux de Villeurbanne qui n’a plus de vierges chrétiennes à violer, voit sa solde réduite, ses chances de survie s’amenuiser. Que la Jeanne Hachette irakienne soit ou non une création de la CIA (entendez : du sionisme international, de Bilderberg, de la Franc-Maçonnerie, des Illuminati, &c.), c’est bien joué. La médialogie (mon dada) tranchera ou non.