Depuis des semaines, Donald Trump affirmait que le résultat des élections aux É.-U. serait truqué. Il a intensifié ses accusations, appelé des pontes du parti à la rescousse, pour élargir le complot à la presse. Non seulement les démocrates bourrent les urnes, mais la presse couvre leurs agissements et masque les turpitudes d’#Hillary Clinton. Ce qui a profondément divisé les élus républicains, certains (rares) renchérissant, d’autres, nombreux, désavouant ses propos. Et puis, dimanche soir, le « médiateur » qui n’est autre que le colistier de #Donald Trump, le vice-président impétrant, Mike Pence, gouverneur de l’Indiana, lors de Meet the Press (sur NBC), affirme : « nous respecterons absolument les résultats de l’élection ». Mais, alors que les sondages donnent Hillary Clinton mener Donald Trump de quatre points, il a réaffirmé que la presse « ignorait une avalanche de preuves solides de corruption, d’échanges réciproques, de favoritisme politique » de la candidate lorsqu’elle était au gouvernement. C’est pourtant à propos d’une présumée affaire de trucage des élections dans l’Indiana que l’assaut de Trump sur le trucage des élections a repris. Une association incitant à l’inscription sur les listes électorales est accusée d’avoir fait enregistrer des électeurs fantômes dans l’État. Elle rétorque qu’en fait l’opération de police déclenchée vise à priver de vote des milliers d’Afro-Américains peu favorables à Trump. Le gouverneur Mike Pence, avec des propos mesurés, a tenté de modérer les propos de The Donald qui repartait de plus belle sur le thème d’une élection frauduleuse qui lui serait volée. Quelques-uns de ses supporters haut-placés dans la hiérarchie du parti ont embrayé tandis qu’une majorité, craignant des réactions violentes de la base de l’électorat de Trump, s’inscrivaient en faux, dénonçant les propos du candidat républicain.

Trump persiste mezzo voce

Donald Trump a mis un bémol sur le thème du bourrage des urnes, affirmant que la presse était en fait la responsable de son dérapage dans les sondages en falsifiant les faits accablant Hillary Clinton et en l’attaquant sans cesse ni vergogne. « Hillary l’escroc » est systématiquement favorisée, exemptée de ses malversations, et on cache au public que lors de leur dernier débat, elle était droguée, camée aux excitants, et totalement épuisée vers la fin de la confrontation. Depuis les electoral jugglers, les carpetbaggers et autres bateleurs électoraux des premières élections ayant suivi la guerre civile en 1865, jamais des arguments aussi en-dessous de la ceinture n’avaient été employés. The Donald préconise une prise de sang avant le troisième et ultime débat entre lui et son adversaire. Mike Pence, de plus en plus gêné, s’est contenté de dire que son champion serait bien préparé au débat. Il n’aura plus dans sa poche l’argument des harcèlements sexuels imputés à Bill Clinton. Neuf femmes ont dénoncé ses attitudes passées, notamment lors de concours de beauté qu’il organisait, lui imputant remarques salaces et mains baladeuses. Mais sur la question du bourrage des urnes, même l’ancien maire de New York, Rudy Giuliani, lors de l’émission State of the Union, de CNN, a dû lui aussi se rétracter.  « Ce qu’il [Trump] veut dire, c’est qu’entre 80 et 85 % des médias sont contre lui. ». C’est en fait davantage, au fur et à mesure que Trump s’exprime et que même Fox News prend discrètement ses distances. Le dernier débat se tiendra à Las Vegas, mercredi, et Trump semble à court d’arguments nouveaux. Peut-être insistera-t-il sur l’attentat ayant frappé un local électoral républicain à Hillsborough (Caroline du Nord), incendié et frappé de l’inscription « Républicains nazis, hors de la ville ». Cela risque de faire court. Il a dénoncé « les animaux représentant Hillary Clinton ». La candidate a condamné fermement. La Caroline du Nord a souffert du passage de l'ouragan Matthew (24 morts à présent sur 44), son gouverneur est républicain. #Etats-Unis