En Californie, un seul titre de presse (marginal) sur des centaines se prononce pour Donald Trump. Là, dernier en date à lui cirer la planche et le vouer au plongeon, c’est USA Today. Le tabloïd qui incarnait le renouveau de la presse mondiale…

USA Today, à ne plus suivre

Qui se souvient du Matin de Paris ? Ou encore d’InfoMatin. Lancé en 1994, mort début 1996. Je m’en souviens car, ex-chef de desk (rédacteur-en-chef-adjoint) de la défunte Agence centrale de presse), nombre de confrères allaient le rejoindre. Prix dit populaire (comme le défunt France Soir), articles courts et préformatés (sous, je crois, du QuarkXPresse ou du InDesign).

Publicité
Publicité

Il faut vous dire que, vers la fin des années 1980, dans les rédactions en de la presse quotidienne française, nationale et régionale, USA Today (fondé en 1982) était « la » référence. Non réellement transposable puisque la presse gratuite française de nos jours peine à se montrer rentable. C’est la même formule. Vendu certes, à bas prix, mais distribué dans tous les McDo des États-Unis. Donc, une forte puissante de feu. USA Today est l’exemple à ne plus suivre, et même le français L’Opinion, dernier en date des quotidiens nationaux, privilégie une autre approche.  Mais imaginez que Le Parisien-Aujourd’hui en France titre sur « Tout sauf Sarko ». C’est un peu ce qu’il advient à #Donald Trump.

Un incapable

USA Today ne s’est pas prononcé pour Hillary Clinton, mais véhémentement contre Donald Trump.

Publicité

C’est la première fois, en 34 ans, qu’il prend position. Simple : « Trump est inadapté la présidence ». Il n’a ni le tempérament, ni la connaissance, ni la force de caractère ou l’honnêteté requises. Ce serait « le pire président » depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est de plus « un menteur compulsif ».  Incapable et pernicieux, pour résumer. C’est aussi l’opinion de l’Arizona Republic, du Cincinnati Enquirer, de l’Houston Chronicle, et même des Detroit News qui, à la suite du Dallas Morning News, titres farouchement républicains, désavouent Trump. Imaginez tout le groupe de presse Crédit Mutuel (près de la moitié de la presse quotidienne régionale), plus Ouest France, et bien entendu Sud-Ouest (pro-Juppé) et La Dépêche du Midi (proche du PS et des Radicaux de gauche) décrivant un Sarkozy correspondant au portrait qu’en dresse un Patrick Buisson. Soit, pour Trump, un excité, semeur de zizanie, corrompu, menteur éhonté.

Un bouffon, et une fondation bidon

La conférence de rédaction d’USA Today invoque les mânes du fondateur, Al Neuharth (†2013) qui, en 202, décrivait Trump tel un bouffon, un pitre, qui recherchait l’attention au risque de « se couvrir de ridicule ».

Publicité

Assertion maintes fois confirmées depuis le début de la campagne. Mais aussi un escroc : Trump s’est servi des dons de sa fondation pour acheter des juges et des politiciens républicains. Voilà qu’on découvre sur le tard – pourquoi donc, au fait ? – que cette fondation n’était pas accréditée pour recevoir des dons (et donc exonérer les donateurs de partie de leur impôts). Même Fox News (pro-Trump) doit relayer que des débiteurs de Trump étaient sommés de verser des dons à sa fondation. Un montage d’amateur. Trump tente de riposter en attaquant la fondation Clinton. Trop peu, trop tard… Trump est aussi accusé de faire rembourser ses vols sur jet de luxe par les contribuables, et de louer ses propriétés pour sa campagne au détriment du public. En fait, comme Sarkozy, Trump soit est élu, soit se fait condamner. Bah, tous ces gens qui vouent à la détention moins impliqués qu’eux échappent toujours à la prison. #Etats-Unis #Nicolas Sarkozy