C’était hier à Fletcher, en Caroline du Nord. Chaleureusement accueilli, notamment par un public féminin brandissant des pancartes « Women for Trump », Donal Trump a répété ses arguments habituels, faisant état de trois « sondages » (en ligne) le donnant gagnant alors que presque tous les instituts le donnent perdant (de sept à… dix points). Il a promis de faire trois haltes de campagne par jour, ou au moins deux, en diverses localités, jusqu’au « jour du vote, le 8 novembre ». En fait, le système américain permet des votes anticipés et il semblerait qu’ils soient un peu plus en faveur d’Hillary Clinton que pour The Donald (selon de très aléatoires observations sur les électeurs, le vote restant secret).

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Réputé pour ses fréquentes digressions, ses passages du coq à l’âne, il a confié que, quoi qu’il arrive « gagnant, perdant ou égalité, je serais content de moi ». Mais il se battra jusqu’au bout pour ne pas avoir à se dire rétrospectivement « si j’avais seulement fait une halte de plus, j’aurais pu gagner en Caroline du Nord de 500 voix au lieu de perdre avec 200 voix d’écart ». L’élément peut sembler faible, tout juste un indice mineur, mais il est si insolite qu’il a été fortement relevé. Il faut dire que les ennuis s’accumulent pour le candidat républicain. Le GOP (Grand Vieux Parti) pense surtout à l’après-Trump et à l’élection de 2020 en se rassurant : la relève démocrate est faible et vieillissante.

Hué par la haute société de NYC 

La presse internationale a fait état des blagues de Trump et d’Hillary Clinton, qui côtoyaient l’archevêque catholique de New York lors du très couru dîner de charité en la mémoire d’un ancien gouverneur catholique, Al Smith.

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Ils étaient censés se lancer des piques sur un ton badin, et les ghostwriters (nègres) d’Hillary Clinton ont respecté la règle. Pas ceux de l’adversaire, ou alors The Donald a dérapé, forçant le trait presque comme lors de ses discours de campagne. Et à plusieurs reprises, il s’est fait huer, ce qui n’était jamais, jamais advenu à ce gala de bienfaisance (et ne lui fut que rarement arrivé). La très populaire Michelle Obama fait campagne pour Hillary dans des régions acquises aux démocrates et consolide les votes latinos et afro-américains. Tandis que la candidate peut s’aventurer dans des États fortement républicains (les Red States), en misant sur la désaffection des caciques du parti adverse (au moins un par jour déclare lâcher Trump). Et puis, presque jour après jour, une femme (on en est à une dizaine) dit publiquement ô combien elle a été traumatisée par Trump le dragueur aux mains baladeuses, assuré par avance que son renom et sa fortune lui gagnent sinon les cœurs, mais des faveurs sexuelles.

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Salma Hayek l'a aussi accusé de l'avoir trop lourdement sollicitée. De plus, les Mormons, qui votaient républicain presque comme une armée, au Nevada, en Arizona et bien sûr en Utah, où Obama ne recueillait qu’un quart des suffrages, font défection. Tout comme la plupart des anciens présidents du parti qui le désavouent (dernier en date, Michael Steele, qui estime que Trump ne représente que moins d’un tiers des adhérents).

Trump, accident de parcours

Nombre de républicains s’abstiendront, ou voteront pour le candidat libertarien, Gary Johnson, ancien républicain, gouverneur du Nouveau Mexique. Mais il est certain qu’une minorité conséquente voudra creuser la défaite de Trump pour tourner la page, se rabattre sur les élections à la Chambre et au Sénat, et des personnalités de premier plan disent qu’ils préfèrent voter Clinton. Même le Texas risque de « virer au bleu » (démocrate).  Il faudrait qu’un document de WikiLeaks, assassin pour la candidate, sorte pour que la tendance se ralentisse. Trump est sur la pente savonneuse et a commis l’impair, hier, de dire que Michelle Obama était très critique du couple Bill et Hillary Clinton. Il reste que 70 % des électeurs républicains disent croire que la victoire de la démocrate sera due à des tripatouillages (sondage Reuters/Ipsos). #Etats-Unis #Donald Trump