The Donald est formidable ! C’est le Vidocq étasunien. Tel l’ancien forçat évadé devenu chef de la police judiciaire, celui qui inspira à Victor Hugo le personnage de Jean Valjean a trouvé sa postérité outre-Atlantique.

Réformateur expérimenté

Jugez-en. Donald Trump a corrompu des magistrats, obtenu ce qu’il voulait des politiciens qu’il arrosait. Qui mieux que lui, connaissant si bien le vice, saura faire triompher la vertu ? Il détient « la » solution pour mettre fin à la corruption et ne la dévoilera qu’une fois installé dans le bureau ovale de la Maison Blanche. #Donald Trump a perdu près d’un milliard de dollars en 1995 et ne paie plus l’impôt fédéral ? « Je connais nos complexes règles fiscales mieux qu’aucun de tous les candidats à la présidence et je suis le seul à pouvoir les réformer. ». Comment ? Attendez-vous à le savoir. Donald Trump a acquis les droits d’organiser l’élection de Miss Univers et figuré dans une vidéo pornographique ? Il connaît mieux que personne les coulisses des concours de beauté et les turpitudes des reines et des dauphines, il saura, encore mieux que Geneviève de Fontenay, moraliser ces compétitions entre des rosières qui deviendront de très moralistes mères au foyer. Comment ? Faites-lui confiance… Il a employé des sans-papiers ? Il connaît tous les subterfuges de ces individus suspects et les reconduira aux frontières. Comment ? Déjà en faisant financer un mur tout au long de la frontière mexicaine et les Mexicains financeront l’ouvrage, ensuite, grâce à son savoir-faire et des mesures qui étonneront…

Moi, président

The Donald, c’est le François Hollande du « moi, président », mais énormément mieux expérimenté et préparé à l’exercice du pouvoir qu’un député-maire mangeur de grenouilles. N’empêche, il s’est mis les femmes à dos avec ses propos injurieux à l’égard d’Alicia Machado, ex-Miss Univers. Nonobstant son acumen fiscal, son sens aigu des affaires, les démocrates dénoncent ses piètres capacités de dirigeant et son sens civique déficient. Alors il riposte en accusant les démocrates de vouloir truquer les prochaines élections, d’avoir saboté son micro lors du premier débat face à #Hillary Clinton qu’il imite, chancelante, toussant, malade, fragile, « incapable de couvrir seule 15 pas vers sa voiture » (lors de la cérémonie commémorative à Ground Zero). C’est une menteuse, qui devrait être en prison. Mais, cette fois, samedi soir, à Manheim (Pa.), ses électeurs se sont lassés d’entendre les mêmes choses et près d’un quart a quitté la salle avant la fin de son discours.

916 millions de pertes

Le New York Times a reçu un pli anonyme dans une enveloppe provenant de la Trump Tower. Elle contenait ses déclarations fiscales. Sa mauvaise gestion de ses casinos, des pertes dans l’immobilier ont représenté jusqu’à 916 M$. En couplant cela avec un don 60 000 $ à sa propre fondation et quelques autres, il a pu s’épargner de verser 50 M$ par an pendant 18 ans. Soit 900 MS, ce qui a réduit ses pertes à 16 MS. Des cacahuètes pour le milliardaire ? Pas vraiment. Cela relance les interrogations sur la réalité du montant de sa fortune, de celui de ses dettes à l’étranger (en Chine surtout), des raisons réelles de sa course à la présidence. Et puis, Hillary Clinton résume : « S’il n’a rien payé, cela veut dire zéro pour les militaires, zéro pour les anciens combattants, zéro pour les écoles et la santé (…) ce qu’il tente de cacher doit être vraiment important, voire terrible. ». Par ailleurs, la presse dénonce qu’il a grugé les donateurs de sa fondation charitable en puisant dans les fonds à des fins personnelles. Ajoutez que les mesures fiscales qu’il propose jouent en faveur des plus riches et son portrait se complète… à la Dorian Gray. #Etats-Unis