Cherchez, entre guillemets, « #Alicia Machado » et « sex tape ». Vous trouverez. Soit un montage de telenovelas avec l’ex-Miss Univers, et un vieux truc en noir et blanc où une inconnue et un inconnu shag (copulent), en pyjama et chemise de nuit… sous des draps ! Ou des faux grossiers promettant Alicia Machado alors qu’il s’agit de l’actrice pornographique Angel Dark. Certes, Alicia Machado a posé pour Playboy, mais… Donald Trump tout autant (certes pas le torse dénudé), mais en sémillante compagnie. Et cette vieille histoire (2000) de vidéo porno où Trump figure en compagnie de playmates nues se caressant mutuellement ressort alors que le candidat a enchaîné au petit matin (de 3 à 5 h) des tweets qualifiant « Miss Petite Cochonne » (ou « Miss Bonniche », selon ses termes) d’être une « dégoûtante » au « terrible passé ». Raté, et il passe la balle dans le camp d’Hillary Clinton.

Hillary, Alicia mobilisent les femmes

Il n’en fallait pas plus à Hillary Clinton pour faire de Trump le repoussoir qu’il est déjà pour une large partie de l’électorat féminin. « Un homme qui parle des femmes comme des truies, des souillons et des chiennes » (comprenez, en chaleurs). Elle s’est abstenue de répondre à Trump qui lui impute d’avoir œuvré pour que l’ex-Miss Univers vénézuélienne obtienne la nationalité américaine mais lui a rétorqué que c’était un fana obsessionnel des « théories du complot ». Près de la fin de leur premier débat télévisuel, H. Clinton avait cité Alicia Machado, et Trump a d’abord fait semblant de ne se souvenir de rien, d’aucun de ses propos en faisant une « boule de suif ». Du coup, la presse s’est souvenue que Trump avait acquis les droits sur l’élection de Miss Univers et a tout ressorti sur l’appétence du candidat pour les très, très jeunes femmes ou filles.

Meilleure préparation pour Trump ?

Il reste deux débats télévisés. Pour le premier, alors que Clinton s’était préparée d’arrache-pied, Trump s’était contenté de s’en remettre à ses dons d’improvisation et de répartie au pied levé. Là, il a embauché Nigel Farage, de l’Ukip (le parti national populiste britannique) pour lui servir de sparring partner (adversaire d’entraînement sur le ring). Mauvaise pioche car Farage est encore moins au fait des arcanes de la politique américaine que Marine Le Pen. Mais qu’importe… Il s’est enfoncé en proclamant son admiration pour une pré-pubère Hillary Clinton dont les ébats sexuels ultérieurs lui ont, laisse-t-il entendre, provoqué une érection. Il s’est aussi maintes fois déclaré attiré par sa propre fille, Ivanka. On peut penser ce qu’on veut du mélange d’hypocrisie et de pudibonderie d’une large partie de l’électorat américain, mais il est des seuils à ne pas dépasser. Là, il suffira d’un faux pas de Tiffany Trump, 22 ans, issue d’un précédent mariage, d’une déclaration se prêtant à interprétations diverses, pour que même les partisans du candidat s’en détachent. Tous ses dires sur « Hillary-la-crapule » se retourneront contre « Donald-le-salace », « Donald-le-perv’ ». Il peut compter sur Alicia Machado pour le dépeindre ainsi, de manière étalonnée, progressive, millimétrée. Car la campagne démocrate a trouvé en elle sa trump card (atout majeur, joker). Elle apparaît désormais chastement maquillée et drapée du drapeau sur son espace Instagram. Ses commentaires sont calibrés. Trump improvise, les démocrates peaufinent, affutent.

Sauver Trump de lui-même

Le prochain débat est dans une semaine. Ses spin doctors (communicants) n’ont plus confiance en lui. Ils ne peuvent vraiment influer, leur poulain est trop infatué de lui-même. Obama avait senti qu’il avait cédé devant Mitt Romney en 2012. Il s’était repris. Trump a mis en cause un micro défectueux, sans convaincre quiconque, même pas lui-même. Et s’il ne peut même plus feindre de croire à ses mensonges, il est cuit. #Donald Trump #Etats-Unis