Sacrée pagaille dans le camp républicain américain depuis vendredi dernier. Ce jour-là, une vidéo a fuité : on y voit #Donald Trump et le présentateur Billy Bush (plus de détails ici). Le candidat républicain enchaîne les remarques sexistes et se vante d'embrasser les belles femmes et de les "attraper par la chatte" sans leur demander leur avis. Donald Trump, qui n'en est pas à sa première sortie sexiste et dont la principale rivale est une femme (Hillary Clinton), a provoqué un tel tollé avec ces propos, qu'il lui a fallu présenter des excuses officielles : 

"Je n’ai jamais dit que j’étais une personne parfaite, ni prétendu être ce que je ne suis pas. J’ai dit et fait des choses que je regrette, et les paroles diffusées aujourd’hui dans cette vidéo vieille de plus de dix ans en font partie. Ceux qui me connaissent savent que ces paroles ne reflètent pas qui je suis. Je l’ai dit, j’avais tort et je m’excuse".

En tant que première femme à remporter les primaires démocrates dans la course à la Maison Blanche, Hillary Clinton a fondé sa campagne sur des valeurs féministes, d'égalité, de respect des droits des femmes et d'amélioration de la condition féminine.

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Avec des phrases comme "La place d'une femme est à la Maison Blanche" imprimées sur des t-shirts de campagne, le slogan de la campagne de Clinton, "I'm with her", signifie en français "Je suis avec elle". "Elle", c'est censé être la femme, un symbole. Que les propos de Trump scandalisent le camp démocrate, c'est attendu.  Or, des femmes, il y en a aussi chez les Républicains, et elles aussi ont manifesté leur indignation. 

La vidéo qui a fait déborder le vase chez les Républicains

Voilà deux ans que les Américain.e.s entendent Trump dénigrer ouvertement les femmes. L'an dernier, suite au premier débat républicain animé par la journaliste de Fox News Megyn Kelly, M. Trump avait dit à son sujet qu'"il y avait du sang qui sortait de ses yeux, du sang qui sortait d'elle... de partout". Son unique rivale féminine à l'investiture républicaine, Carly Fiorina, n'avait pas échappé à ses remarques lors d'un débat : il lui a fait comprendre qu'une femme ne doit pas prendre la parole pendant que les vrais hommes sont en train de parler.

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Sur Twitter, terrain de jeu sur lequel il n'a aucun filtre, Trump avait attaqué Heidi Cruz, l'épouse de son rival républicain Ted Cruz sur son physique. Et tout récemment, c'est l'ex Miss Univers Alicia Machado qui a fait les frais sur Twitter de ses attaques sexistes. Ce dimanche 9 octobre, à deux jours d'un grand débat qui opposera Trump à Clinton, c'est son colistier, le gouverneur républicain de l'Utah, qui a annoncé sur Twitter qu'il retirait son soutien à Donald Trump : "Même si je ne peux voter pour Hillary Clinton, je ne voterai pas pour Trump."

Avec cette dernière vidéo, Trump risque fort de perdre le soutien des épouses blanches, segment démographique crucial pour tout Républicain qui brigue la Maison Blanche. Les rivaux républicains de Barack Obama lors des deux dernières élections de 2012 et 2008, respectivement Mitt Romney et John McCain, avaient réussi à attirer 53% des femmes mariées dans leur électorat : ils avaient quand même perdu les élections.

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Pour Donald Trump, c'est donc loin d'être gagné. Ce week-end, plusieurs politiciennes républicaines se sont exprimées au sujet de la vidéo, disant n'avoir aucune intention de voler au secours de Trump. La Sénatrice du New Hampshire Kelly Ayotte a déclaré : "Je voulais pouvoir soutenir le nominé de mon parti, choisi par le peuple, car je pense sincèrement que notre pays a besoin d'un changement de direction. Cependant, je suis une mère et une Américaine avant tout, et je ne peux soutenir un candidat aux Présidentielles qui se vante de dénigrer et d'agresser des femmes".  La cheffe du parti républicain du New Hampshire, Jennifer Horn, l'a confortée dans sa décision en disant qu'"il n'y aura aucune répercussion de la part du parti contre tous ceux qui choisissent de ne pas soutenir Donald Trump". #Sexisme #Élections