Voici quelques jours, la défense civile russe avait fait procéder à un immense exercice d’évacuation des principales villes du pays. Trois jours de manœuvres diverses associant la défense civile, l’armée (les sapeurs-pompiers relèvent du ministère de la Défense depuis plus d’une décennie), les services hospitaliers, &c. Et voici que, ce mercredi 12 octobre, selon le britannique Daily Star, l’administration centrale russe aurait ordonné à tout diplomate ou fonctionnaire russe de rapatrier dans la « mère patrie » sa famille (vieux parents, conjoints ou enfants). Qui refuserait verrait ses chances de promotion réduites… Il serait en priorité indiqué de rapatrier les enfants d’âge scolaire…

Diverses alertes

Une lecture quotidienne de la presse britannique, en particulier mais non exclusivement (la presse française a aussi relaté des faits similaires), montre que les incidents impliquant soit des chasseurs, soit des bombardiers russes, ou encore des bâtiments de #Guerre, se sont multipliés ces derniers mois. De très nombreux appareils ou navires ont été interceptés ou escortés hors des domaines aériens ou maritimes des pays européens adhérant ou non à l’#Otan. Par ailleurs, le ton est monté entre divers pays de l’Otan et la #Russie à propos tant de la Crimée que de la Syrie. En témoigne d’ailleurs l’annulation de la visite à Paris, prévue de longue date (l’inauguration du centre culturel de la nouvelle grande cathédrale orthodoxe), de Vladimir Poutine.

Signaux contradictoires

Les sites Sputnik francophone et anglophone donnent des signaux contradictoires et titrent « Les États-Unis comptent endiguer la Russie par des moyens militaires » ou « Russie, USA : la guerre nucléaire n’aura pas lieu ». À cela s’ajoute d’autres éléments. La Russie s’est fortement rapprochée de la Turquie, passant des accords commerciaux d’envergure (le gazoduc Turkstream sous la mer Noire). Les États-Unis rapatrieraient vers des pays occidentaux (Italie, éventuellement Roumanie) leurs armes nucléaires entreposées en Turquie. Réciproquement, Otan et Russie se reprochent de déployer des activités militaires intenses à proximité des frontières. En urgence, ce mercredi, Sputnik France a placé en page d’accueil une dépêche : « le leader russe a dit ne pas comprendre comment il était possible de servir les intérêts de la politique intérieure et extérieure des États-Unis » (à l’intention de la France). Vladimir Poutine a aussi déclaré que « le convoi humanitaire de l’Onu et de la mission syrienne du Croissant rouge a été attaqué dans les environs d’Alep le 19 septembre par l’un des groupes terroristes » opposés au régime d’Assad. Le ton a monté à propos d’Alep. Au Royaume-Uni, Boris Johnson, à la tête du Foreign Office, vient d’appeler les organisations pacifistes ou humanitaires à organiser des manifestations devant l’ambassade russe à Londres. L’ancien président russe Gorbatchev s’est déclaré très inquiet et un général en retraite russe a déclaré à la BBC « vous voulez une confrontation ? Vous en aurez une, partout ! ». Poutine manie le chaud et le froid : accuser les rebelles syriens le dédouane, et il répète : « la France est l’un de nos principaux partenaires en Europe ». Inversement, il vient d’ordonner à l’administration russe de ne plus se servir de logiciels Microsoft, ce en réponse aux sanctions occidentales depuis le référendum en Crimée. Il dit souhaiter la levée des sanctions et que celles-ci se retourneront contre les pays les appliquant. Son message est très simple : passons un compromis ou vous devrez subir les conséquences, et nous nous y préparons activement (sous-entendu aussi, à une guerre globale). Nucléaire ? Moscou a déployé 429 têtes atomiques de plus que Washington. Poutine n'a pas manqué, à diverses occasions, de le faire valoir. The Times le rappelle aujourd'hui, la presse russe l'évoque chaque jour et insiste sur la coopération avec la Chine, y compris dans le domaine militaire. Propagande ou détermination ? La question reste ouverte.