Le nombre des djihadistes du califat de Daesh à #Mossoul est estimé à 6 000 par les Irakiens, à 4 500 par la coalition occidentale. Moins 58 qui auraient été très récemment noyés, puis enterrés sommairement, car accusés de fomenter une reddition de la ville aux forces irakiennes. Ce n’est pas la première exécution entre « frères » à Mossoul, mais la plus importante, et les autres ont fait pour victimes des candidats à la désertion. Les autres condamnations à mort ont frappé de présumés espions, pour la plupart d’anciens militaires irakiens ou des civils. L’assaut a commencé après que l’un des principaux ponts de la ville ait été détruit. On ne saurait dire si c’est pour couper une voie de retraite aux djihadistes ou pour éviter un afflux massif de civils : l’Onu escompte près d’un million de réfugiés au cours et à la suite des combats. C’est officiel, les troupes irakiennes font désormais mouvement vers Mossoul. On ne sait à quel point leurs effectifs, environ 30 000 hommes, seront coordonnés avec ceux des autres assaillants. Soit les peshmergas kurdes, les membres des milices chiites et sunnites, et bien sûr les forces spéciales occidentales un peu partout présentes, dont les françaises. « Le temps de la victoire est venu et les opérations pour libérer Mossoul ont débuté » annonçait à la télévision irakienne le Premier ministre Haïdar al-Abadi. Hier dimanche encore, des tracts en diverses langues ont été largués sur la ville, incitant les habitants à fuir, ce qu’ils ne peuvent guère. Le Premier ministre irakien a réaffirmé que cette ville majoritairement sunnite, mais autrefois à forte minorité kurde, ne serait occupée que par l’armée et la police irakienne. Mais on ne peut déjà préjuger des intentions des Kurdes : s’arrêteront-ils en à la bordure des quartiers du nord ? Pour sa part, la Turquie, qui vient d’aider les forces rebelles syriennes à reprendre Dabiq, a fait mouvement jusqu’à Bashiqa, au nord-est de cette province de Ninive, qui fut prise par #Daesh aux Kurdes irakiens. Lesquels ont permis l’avancée turque, dénoncée par le gouvernement irakien.

Suites incertaines

Les troupes du califat ont érigé de nombreux systèmes de défense, comme de longues tranchées et des barrages consolidés, des tunnels, mais aussi pris le contrôle d’usines chimiques. Mossoul est surtout la seconde ville d’#Irak et pour remporter des combats de rue en rue, il est considéré qu’il faut trois ou quatre assaillants par défenseur. Vladimir Poutine, depuis Goa (Inde) a déclaré « nous espérons que nos partenaires américains, et nos partenaires français aussi, agiront avec précision et feront tout pour minimiser, ou encore mieux exclure toute victime parmi la population civile ». Un vœu pieux :  des civils seront utilisés comme boucliers humains, d’autres, fuyant, essuieront des tirs croisés des diverses armées ou milices.  Par ailleurs, les vivres manquent depuis quelques semaines, l’électricité n’est disponible que quelques heures ce qui oblige à utiliser des générateurs individuels pour pomper de l’eau à peu près potable. Déjà, les opérations s’avèrent complexes. Les avions de la coalition effectueront l’essentiel de l’appui au sol, les chasseurs irakiens devant se limiter à appuyer l’offensive des milices chiites. Les avancées se feront de partout sauf depuis l’ouest, vers la Syrie. L’aviation sera utilisée pour frapper les fuyards. Restera à vérifier si le désastre humanitaire sera soutenable, si les nouvelles autorités municipales resteront soudées, &c. On ne peut non plus exclure que des civils victimes de Daesh s’en prennent à d’autres estimés avoir plus longuement collaboré. Sur le terrain, ce lundi, il semble que ce soient les peshmergas qui tentent la première percée aux abords des faubourgs nord et est de la ville… Les combats pourraient durer deux mois (près de trois selon les forces kurdes). Plus de 5 000 soldats ou personnels étasuniens, la plupart de la 101th Airborne Division, sont engagés dans cette opération, selon le Pentagone.