Le 26 septembre, le gouvernement de Bogotá et le leader des Forces armées révolutionnaires de Colombie (#FARC) Rodrigo Londoño se faisant appelé Timochenko, signaient l’accord de paix de la Havane mettant fin à plus de 52 ans d’une guerre civile qui a fait plus 220 000 victimes et 7 millions de déplacés. Ils étaient 15 chefs d’Etat, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon ainsi que le secrétaire d’Etat américain John Kerry à applaudir cette fin des négociations qui avaient commencé en 2010.

Pourtant le peuple colombien n’allait pas l’entendre de cette oreille. Appelé aux urnes le dimanche 2 octobre, il a refusé d’une courte majorité cet accord de paix.

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Pourquoi les colombiens refusent la paix ?

La semaine précédant le scrutin, tous les sondages donnaient le camp du oui à l’accord de paix de La Havane vainqueur. Pourtant au moment du dépouillement, la surprise. 50,24% des votants ont choisi de voter non à cet accord.

Ce scrutin a donné lieu à un combat entre Juan Manuel Santos et les leaders Farc d’un côté et l’ancien président Alvaro Uribe de l’autre. Ce dernier refusait l’accord de paix car lui comme une partie du peuple veulent que les Farc payent les actes commis durant la guerre civile. Or l’un des points prévu dans l’accord de paix concernait la formation d’une Cour de Justice Spéciale pour juger les Farc. Celle-ci aurait évité la prison aux anciens rebelles dès lors qu’ils auraient avoué leurs crimes.

L’autre grand point d’achoppement était la possibilité pour les Farc de se lancer en politique avec de l’argent sale.

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En effet, l’accord de paix prévoyait la création d’un parti politique issu de la mouvance rebelle. De plus, il devait garantir un minimum de 5 sièges à la chambre des députés et de 5 autres au Sénat du pays. Et ce, avant même les prochaines élections législatives. Seulement les Farc ont pendant longtemps gagné de l’argent grâce à la vente de cocaïne.

Cette impunité ne passe pas auprès du peuple colombien. Même si la victoire du « non » a été courte, seulement 0,5 % soit 61 000 voix de différence.

Que va-t-il se passer maintenant ?

La situation était pour le moins floue suite au scrutin. Le président Juan Manuel Santos a convoqué une réunion d’urgence avec les principaux négociateurs de l’accord, ainsi que l’état major de la sécurité du pays.

De cette réunion peu de choses sont sorties. Si ce n’est que le camp pour l’accord de paix a reconnu sa défaite. Timochenko, le leader Farc a tout de même annoncé au sortir de cette entrevue : « Les Farc réitèrent leur volonté de n'utiliser que les mots comme leur arme dans le but de construire le futur.

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Le peuple colombien qui rêve de paix peut compter sur nous : la paix triomphera. ». La paix et le cessez-le-feu ne sont pas remis en cause. Pourtant, avant les élections présidentielles de 2018 en Colombie, la situation reste plus qu'incertaine dans le pays.

Un « non » très politique

Les camps du oui et du non sont très politisés.

Avant les prochaines présidentielles dans le pays dans un an et demi, chaque grand candidat avait choisi son camp. Le président centriste, Juan Manuel Santos qui brigue un deuxième mandat avait fait de la réussite de cet accord de paix une de ses promesses majeures. Tandis que l’ex-président de 2002 à 2010, Alvaro Uribe, avait mené une campagne contre cet accord. Il veut également parvenir à un accord de paix, mais sous d’autres conditions.

La paix avec les Farc risque d’être encore l’un des points centraux dans la politique de Bogotá dans les années à venir. Quoi qu'il en soit, il est justifié d'espérer que le cessez-le-feu dans le pays soit respecté, ce qui correspond à une belle avancée. #Paix colombie #Amérique latine