Bientôt le baisser de rideau pour #Russia Today outre-Manche ? Cette chaine télévisuelle d’information continue fait partie du réseau étendu des relais du Kremlin à l’international, comme les sites et radios Sputnik Intl et France. L’information que tous les comptes bancaires de Russia Today ont été bloqués au #Royaume-Uni a été immédiatement relayée en tête de page d’accueil des sites Sputnik (le Daily Mail, de son côté, l’a placé en très bonne place sur son site) : « Londres abandonne toutes ses obligations de garantie de la liberté d’expression ». La porte-parole du ministère des Affaires étrangères russes a immédiatement protesté : « Il semble qu’en quittant l’EU, Londres se départit de toutes ses obligations de garantie de la liberté d’expression en Europe. Comme ils disent, ce sera une nouvelle vie sans mauvaises habitudes. ». Les comptes de Russia Today au Royaume-Uni sont gérés par NatWest (National Westminster Bank) mais ce serait sa maison-mère, le groupe Royal Bank of Scotland, dont le Royaume britannique reste actionnaire (à la suite du sauvetage du groupe avec des fonds publics) qui aurait tranché.  C’est par un tweet de la rédactrice-en-chef, Margarita Simoyan, ce lundi matin, que la presse britannique a appris la nouvelle. Tous les comptes de Russia Today sont bloqués, la décision est irréversible, « longue vie à la liberté d’expression », a-t-elle conclut. Dans la lettre émanant de NatWest, il est précisé que les cartes de crédit deviendront caduques le 14 novembre prochain. Tous les comptes seront clos le 12 décembre. « Notre décision est définitive et nous n’envisageons pas d’en discuter » : telle est la conclusion, irrévocable, de la direction de NatWest qui stipule qu’elle vaut pour tous les établissements du groupe Royal Bank of Scotland. Les chaînes RT diffusent en anglais, espagnol et arabe.

Influence du Foreign Office ?

Le ministère de l’Intérieur et la banque ont été contactés par la presse britannique qui se garde de se prononcer sur le fond du problème, qui pourrait être simplement technique. Mais vu l’importance et l’influence du groupe, il sera très difficile pour Russia Today de retrouver un établissement britannique (Barclay’s ou autre) accordant des conditions de trésorerie identiques. Faut-il voir derrière cette décision la main du Foreign Office ? La question se pose après que le ministre de tutelle, Boris Johnson, ait incité les organisations pacifistes à manifester devant l’ambassade russe à Londres pour protester contre les bombardements d’Alep et en Syrie. La principale a décliné, les autres ne se sont pas exprimées. The Guardian a risqué un titre mentionnant le gouvernement britannique et indiqué que le Foreign Office avait été informé et que cela relevait de la compétence du ministère des Finances (The Treasury). Russia Today, comme Sputnik, reflète fidèlement les vues du Kremlin sur la politique internationale. Julian Assange, de WikiLeaks, est un invité récurrent. RT est présente au Royaume-Uni depuis une décennie. Elle a fait l’objet de plusieurs plaintes (14) devant l’équivalent du CSA, la dernière en date, en avril, portant sur l’accusation que la Turquie mènerait un génocide contre les Kurdes. Depuis, Ankara et Moscou se sont fortement rapprochées et le ton a changé du tout au tout. Ce qui est craint à Londres, c’est que le Kremlin vise la BBC et se livre à des actions de rétorsion. On se demande si le Kremlin prépare la population russe à la perspective d'une guerre globale. Ce qui est sûr, c'est le net retour à la guerre froide, au durcissement de sanctions et critiques de part et d'autre. #Russie