Mohammed VI est en pleine tournée en #Afrique de l'Est : ce n'est pas une nouveauté dans la direction qu'a pris la #Politique extérieure du royaume chérifien, dirigée et menée de front par le roi lui-même. En effet, après nous avoir habitué à des tournées en l'Afrique de l'Ouest pendant trois années consécutives, notamment au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Gabon et en Guinée-Bissau, le monarque semble avoir jeté son dévolu sur l'Est du continent. Et c'est dans cette perspective que cette tournée fut entamée par une visite au Rwanda, qui s'en est suivie par une visite en Tanzanie, et qui le conduira à terme en Ethiopie. 

Pourquoi une tournée de Mohammed VI en Afrique de l'Est ?

Ce regard posé sur ces voisins du sud est loin d'être anodin : il marque d'abord une rupture dans la politique extérieure du #Maroc, qui regagne son indépendance vis à vis des ses alliés historiques d'Europe et d'Amérique. Le Maroc s'ouvre ainsi à d'autres horizons, s'assure des alternatives et diversifie dans cette optique ses relations diplomatiques et économiques. Ensuite, le Maroc s'insère dans une politique d'entraide des pays voisins et amis. Car pour pouvoir développer les réseaux africains, pour pouvoir entretenir des relations saines, durables et productives avec ces nouveaux alliés potentiels, le monarque marocain a bien compris que cela passera d'abord par l'accès et la maîtrise d'un savoir-faire par l'ensemble des acteurs, par la mise en confiance de l'Afrique et des africains. Le Maroc s'impose donc à juste titre comme leader de ce mouvement émancipateur, exemple d'un pays qui a su mettre en valeur son potentiel et se relever par ses propres moyens via des plans de restructuration, disons le, "verts". L'Afrique est un contient très riche, qui ignore comment faire valoir ses richesses et les utiliser d'une juste manière.

Que le Maroc ne soit plus membre de l'Union Africaine depuis 1984 à cause de litiges autour du Sahara marocain, ne semble d'ailleurs pas freiner la lancée du Roi. Partout, une délégation d'hommes d'affaires lui emboîte le pas, prête à décrocher des marchés et à investir dans divers domaines : services, infrastructures entre autres. "Plus de la moitié des investissements directs du Maroc à l’étranger ont concerné l’Afrique au cours des cinq dernières années, pour un montant d’un milliard et demi d’euros" entend-on sur les ondes de la RFI à ce propos. Mais l'essor économique et l'acquisition de nouveaux marchés ne sont pas les seules raisons de ces tournées. En effet, une dimension politique est indéniablement et fortement présente. Il s'agit d'abord de rétablir les leviers diplomatiques avec les autres pays africains afin de neutraliser toute hostilité des uns envers les autres. Si pour l'instant, les résultats sont convaincants, il faudra attendre la réponse à la demande du Maroc de réintégrer l'Union Africaine, qui sera examinée en Janvier en Ethiopie pour connaitre le type de relations que les pays concernés seront amenés à entretenir. Et même si le sujet du Sahara n'est pas le premier à être abordé, il n'est pour le moins pas oublié. Le Maroc ne peut pas obliger les pays africains à changer de position, mais il semblerait qu'il s'agisse ici d'un jugement qui pourrait évoluer dans le long terme seulement. Le Maroc ne brusque rien. Mais n'abandonne rien non plus.