Du Portugal à la Norvège, la plupart des forces armées de l’#Otan des pays à domaine maritime surveillent de très près le très important détachement de la flotte du Nord russe qui, bientôt rejoint, sans doute au large de la Bretagne, par deux corvettes ayant franchi le détroit de Gilbraltar, se dirige vers les côtes syriennes. En soi, que l’Amiral-Kouznetsov, qui n’est pas à proprement parler un porte-avions, mais l’un des plus gros bâtiments de guerre de la marine russe, aille rejoindre les eaux où croise le Charles-de-Gaulle n’est pas nouveau. Il avait déjà été déployé en 2014. Mais il est certes fois très fortement escorté, notamment par le navire-amiral de la flotte, le croiseur nucléaire Pierre-le-Grand, deux destroyers, deux corvettes, un sous-marin d’attaque, et trois navires de support.

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Deux autres corvettes, venues de Méditerranée, remontent les côtes françaises, surveillées pour le moment par des bâtiments portugais et divers avions de chasse et d’observation des pays limitrophes. D’une part, cela signifie que la #Russie n’a guère l’intention de prolonger la trêve des combats en #Syrie et de rechercher une solution politique. D’autre part, et c’est peut-être le plus important, cela équivaut à une vaste manœuvre d’intimidation qui fait suite à de multiples violations de l’espace aérien des pays nordiques, du Royaume-Uni, de la France et d’autres pays de l’Otan. Il semble que Vladimir Poutine prépare les esprits à l’éventualité d’une guerre globale et réitère constamment des avertissements au bloc de l’Otan. La Syrie, mais aussi l’Ukraine, sont les points actuels d’achoppement, tandis que la Russie exige que les forces de l’Otan ne se renforcent pas aux frontières de la Russie.

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La capacité de frappe nucléaire russe est désormais supérieure à celles des pays de l’Otan (États-Unis, France, Royaume-Uni…). Vladimir Poutine se plait à le rappeler de temps à autres.

Manœuvre d’envergure

Les pilotes des appareils embarqués sur l’Amiral-Kouznetsov ont effectué de très fréquentes missions d’entraînement de jour comme de nuit au large de la Norvège. Elles ont cessé alors que les huit navires de guerre s’apprêtent à emprunter le détroit de Douvres. Des sous-marins de diverses nations, dont les Pays-Bas, et des bâtiments de surface (pour le moment principalement britanniques, avec dix navires), surveillent étroitement la progression de cette petite armada ainsi que la remontée de l’Atlantique par les deux corvettes russes. Le Kuznetsov embarque une trentaine d’aéronefs (Su-33, MiG-29K, hélicoptères de classe Kamov-Ka) et des véhicules blindés qui seront débarqués dans la base navale de Tartous. L’USS Carney, de la sixième flotte étasunienne, rejoindra depuis l’Espagne les navires de l’Otan en Méditerranée.

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L’USS Ross, un destroyer lance-missiles, restera en protection du Charles-de-Gaulle. Selon l’ancien chef du KGB, le colonel Gennady Gudkov, la Russie se réarme intensivement et « se prépare à un conflit militaire ». Cela passe aussi par un net renforcement de la défense civile qui rénove les abris souterrains, procède à des exercices d’envergure. Surtout, la presse prépare les esprits au conflit, diffuse de la propagande militaire, incite à la chasse aux espions tant de l’intérieur que de l’extérieur. « Le régime n’est plus seulement autoritaire, mais devenu totalitaire », a estimé le colonel en retraite qui avait été élu à la Douma et forcé de renoncer en 2012. Sputnik News France, qui multiplie les sujets sur les armements et le domaine de la Défense, n’a pas manqué de signaler le passage de l’escadre (divers articles dont l’un dénonce « la paranoïa antirusse » car la manœuvre viserait à « assurer la sécurité de la navigation dans les zones stratégiques de l’Atlantique du nord-est et de la Méditerranée » : les pirates et autres flibustiers sont prévenus… il s’agit de répondre à « la piraterie et [au] terrorisme international »).