C'était plié. Circulez, il n'y avait plus rien à voir. Victime de son propre tempérament, de son caractère éminemment clivant, de gaffes à répétition, d'une soudaine accumulation de plaintes - orchestrées ou non - de femmes lui reprochant une conduite disons inappropriée, Donald Trump n'avait plus aucune chance d'être élu. C'était sans compter le FBI qui, reprenant en quelque sorte le flambeau de Wikileaks, dont les documents à charge l'ont cependant à peine fait vaciller, vient de décider de reprendre les investigations concernant les désormais fameux e-mails d'Hillary Clinton. Son directeur James Comey a ainsi fait savoir hier, contre toute attente et alors que l'ancienne Première dame semblait voler tranquillement vers la victoire, qu'il avait "donné (son) accord pour que le FBI prenne les mesures d'enquête appropriées afin de permettre aux enquêteurs d'examiner ces courriels et de déterminer s'ils contiennent des informations classifiées".

Les e-mails d'Hillary Clinton ou le retour d'une polémique oubliée

Un coup dur pour l'ex-secrétaire d'Etat, souveraine ou à tout le moins dominatrice lors des trois débats face à #Donald Trump de l'avis de nombreux observateurs, débats dont on admettra tout de même qu'ils ont parfois atteint des sommets de médiocrité, d'aucuns parleraient plus volontiers de vacuité.

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Une Hillary Clinton qui avait auparavant eu bien du mal à éteindre l'incendie ayant fait suite à son malaise lors des cérémonies commémoratives des attentats du 11 septembre, de nature à relancer les spéculations quant à son état de santé et par extension à son aptitude réelle à diriger l'Oncle Sam. Quant à l'affaire des e-mails, tout aussi embarrassante, elle revient sur le devant de la scène alors que la candidate démocrate s'en croyait sans doute débarrassée... et alors que la presse faisait ses choux gras des mufleries de son magnat d'adversaire. On rappellera à ce sujet qu'Hillary Clinton a commis l'imprudence de recourir à son adresse mail personnelle en lieu et place de la messagerie officielle de l'administration. Une faute professionnelle majeure révélée par les médias américains en mars 2015, mais dont les répercussions concrètes sont encore floues, alors que la première question qui se pose est de savoir si des informations ou données confidentielles ont pu être échangées via cette adresse bien plus facilement "craquable" que celle de l'administration.

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Une chose est sûre à ce stade: en affirmant, outre l'invocation de raisons pratiques, que cette pratique était autorisée, Hillary Clinton a menti.  Surtout, exonérée de poursuites au début de l'été par le FBI et le ministère de la Justice, l'ex-secrétaire d'Etat basculerait dans l'illégalité de façon formelle s'il était établi qu'elle avait communiqué des informations classifiées en dehors du réseau sécurisé. Il reste que le temps joue pour elle et que la masse de documents que le bureau fédéral a à traiter apparaît trop importante pour que la bombe souhaitée par le camp adverse explose dans des délais susceptibles de renverser le cours du scrutin présidentiel. Selon toute probabilité, les conclusions du FBI seront en effet connues après l'élection. En attendant, il est clair que la relance de la polémique ne peut pas faire de mal à un Donald Trump qui redécouvre les joies de l'infortune partagée à un moment potentiellement décisif. De là à renverser la vapeur et à passer devant Hillary Clinton, il y a un fossé dont le franchissement paraît pour le moins audacieux...

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#Etats-Unis