Ce pourrait être farce, mais les sites internationaux de #Propagande russe retrouvent, le ton, les arguments, les procédés de la propagande soviétique. Russia Today (RT) rend compte à sa manière de l’ultime débat opposant, la nuit dernière, #Donald Trump et #Hillary Clinton. Le site s’appuie sur les révélations de WikiLeaks censées déstabiliser la candidate et met en avant les propos de Donald Trump sur Vladimir Poutine. Si le titre est neutre, les deux gros intertitres dont le désormais fameux « Clinton déteste Poutine parce qu’il l’a surpassée », font, comme les paragraphes suivants, la part belle à The Donald. Sputnik News France est allé plus loin. C’est sûr, Trump a remporté haut-la-main le débat, et ce sont les Américains qui le disent massivement.  Pour l’affirmer, Sputnik s’appuie sur… un sondage en ligne du… Washington Times. Le résultat serait « sans appel », Trump a « remporté le dernier débat ». En effet, le lectorat du WT a d’abord donné Trump vainqueur à 77 %, puis à 74 % ; puis à 72 % (vers 16 h, Paris). Mais Sputnik met en avant le premier résultat et se garde bien de situer le Washington Times. Tout comme le New York Post, qui avait soutenu Trump mais s’est ravisé et titre « Donald Trump just ceded the presidency to Hillary Clinton », le WT est peut-être, selon Sputnik, l’un « des journaux les plus connus aux États-Unis ». Moins que USA Today toutefois. Mais dans la catégorie de la presse dite populaire, ce Times et ce Post (très loin du Washington Post et du New York Times), sont les équivalents du britannique The Sun. Ce qu’on surnomme parfois la « gutter press » (presse de caniveau). C’est exagéré pour les titres américains, qui n’ont jamais égalé News of the World (ex-titre de Murdoch qui détient le NYP) dans le sensationnel racoleur. RT et Sputnik n’éclairent pas leurs lectorats sur ce qu’implique la fin du débat et le possible refus de Trump de reconnaître la victoire de sa rivale. Or, cet élément surtout, d’autres aussi, font que pratiquement tous les sondages sérieux donnent le résultat inverse : non seulement Hillary Clinton a remporté le débat, mais conforte nettement son avance en intentions de vote.

Jusqu’à dix points d’avance

Selon le plus récent sondage Bloomberg, Clinton l’emporterait avec 47 % contre 38 à Trump, soit neuf points d’avance (Gary Johnson restant stable à 8, Jill Stein à 3, les encore indécis chutant à 5). Surtout, du fait que l’élection repose sur le vote de grands électeurs, cela semble plié pour The Donald. Lequel est mal vu par 62 % de l’électorat (dont 52 de très défavorables). Même le sondage en ligne de Breitbart (son patron dirige la campagne de Trump, la chaîne et son site soutiennent The Donald à fond) donne une courte avance (de 3 000 répondants quand même) à Hillary Clinton à la suite de ce débat. C’est tout dire. Il existe bien un sondage donnant Trump vainqueur du débat d’un pour cent mais la moyenne des 24 instituts quelque peu sérieux donne Clinton en tête de sept points. Cela n’a pas empêché Trump (ou Sputnik) de mettre en avant des sondages en ligne, de sites lui étant favorables, qui lui accordent une écrasante victoire. S’il accuse les démocrates de bourrer les urnes, il est patent que ses partisans ont été mobilisés pour obtenir de si improbables (faible terme) résultats. Trump et Clinton vont se retrouver ce soir pour le Al Smith dinner (un ancien gouverneur catholique de NYC) organisé par l’archevêque de New-York. Les réactions négatives au refus de Trump de reconnaître son éventuelle défaite, provenant d’éminents républicains (gouverneurs et sénateurs) alimenteront les conversations. De même que le nouveau discours de Michelle Obama en faveur d’Hillary, cette fois à Phoenix (Az). C’est une redoutable oratrice. Le tout dernier sondage YouGov, n’en déplaise à la propagande russe, donne dix points d’avance à la candidate. Le CNN/ORC monte à 13. À présent (17h, Paris), la moyenne se situe à dix et même le sondage Fox News accorde six points d’avance à Hillary.