La peine de mort, abolie en 2004 dans le cadre de l'adhésion à l'UE, risque d'être réintroduite pour satisfaire les demandes des partisans du gouvernement. En effet, ces derniers réclament depuis plusieurs mois la peine de mort pour les auteurs de la tentative du coup d'Etat de juillet 2016. Cette demande populaire, Erdogan y répond positivement, mais contre l'avis général des puissances occidentales. Ainsi, l'UE a déclaré que les négociations d'entrée de la Turquie en son sein seraient immédiatement gelées, en cas d'une victoire d'Erdogan à ce sujet. Dans les premiers jours qui ont suivi le coup d'Etat de juillet, Erdogan ne s'était pas dit opposé au rétablissement de la peine de mort.

Publicité
Publicité

Cette fois-ci, sous la pression de ses partisans, il déclare carrément soutenir cette proposition. En effet, hier, lors de l'inauguration d'une nouvelle gare à Ankara, la foule aurait clamé son désir de voir le retour de la peine de mort. Le président turc s'est réjoui de cet assentiment populaire et a ainsi promis : "Bientôt, bientôt, ne vous en faites pas. C'est pour bientôt, si Dieu le veut." Bien entendu, cette décision ne dépend pas (encore) que de lui. La demande doit d'abord passer par le Parlement, mais le président a bien confiance en ses moyens. Il a ainsi assuré qu'il ratifierait cette demande après son passage au Parlement.

Une dérive autoritaire d'Erdogan ?

Dès lors, Erdogan se moque bien des recommandations de l'UE, obsédé par ses propres enjeux de pouvoir.

Publicité

Cette dérive inquiète tout l'Occident et les associations de défense des droits de l'homme, qui constatent l'arrestation de 35 000 personnes soupçonnées d'avoir participé de près ou de loin au #putsch. En outre, le président turc continue d'accuser le prédicateur Fethullah Gülen d'avoir fomenté le coup d'Etat et de demander son extradition. Or, il vit aux Etats-Unis, et pour l'instant son extradition n'est pas à l'ordre du jour, ce qui contribue à tendre les relations diplomatiques avec la #Turquie. De même, les minorités kurdes sont également victimes de la répression, car perçues comme terroristes. Le pays se renferme de nouveau sur lui-même, et poursuit une nouvelle phase autoritaire.