Le sultan Erdogan a tout fait pour que la haine et la vindicte s’abattent sur les présumés partisans du Fetö. Et il ramasse ce qu’il a semé.

40 000 personnes dénoncées

C’est pire que dans les pays occupés par les nazis. C’est pire que les épurations lors des libérations des pays sous domination nazie. La #Turquie vit un cauchemar. Tout le monde dénonce tout le monde, à tort, à semi-raison. Peu importe. Et reverra-t-on aussi les Loups gris exterminer les opposants en Europe ? Rien que pour la capitale, Ankara, plus de 40 000 personnes ont été dénoncées en tant que terroristes partisans du Fetö (la dénomination du mouvement de Fethullah Gülen). On dénonce les parents, les enfants, les proches, les voisins dont les biens sont convoités. La police est parfaitement consciente que les plaintes et dénonciations sont motivées par des haines familiales, ou la convoitise. Mais elle fait du chiffre, et le sultan #Erdogan se glorifie d’éradiquer ses opposants. Les épouses dénoncent leurs maris, et vice-versa, les pères accablent leurs enfants, et réciproquement, les voisins s’en prennent aux voisins. Et supposément, la police fait le tri. Que nenni : elle fait du chiffre. Mais, bien sûr, si les dénonciations ne sont que calomnieuses, officiellement, elles se retournent contre le délateur. N’en croyez rien. Il y a beaucoup à gagner en promotions, primes, &c., et personne ne s’en prive. Au contraire, tenter de faire la part de l’abusif et du fondé expose à se faire à son tour dénoncer en tant que terroriste : il y a toujours des places à prendre, dans la police, dans la magistrature, dans la fonction publique, en dénonçant les mous, les timorés, les complices. Le Premier ministre Binali Yildirim s’inscrit en faux, mais bien évidemment laisse faire.

125 policiers dénoncés à Istanbul

La purge dans la police, féroce, se poursuit. C’est de nouveau 125 policiers stanbouliotes qui vont rejoindre leurs collègues déjà détenus. Car ils avaient recours au logiciel ByLock. Un rien suffit pour vous expédier en détention, un autre rien, comme l’intervention d’un lointain cousin bien vu par l’#AKP, le parti au pouvoir, vous l’épargne. Rien que le 7 octobre dernier, 160 autres arrestations ont touché la police d’Istanbul. Le Premier ministre dénonce l’opposition qui aurait recours à la « victimisation » des présumés coupables (n’importe qui en fait). Le CHP (principal parti d’opposition) considère que le réel Premier ministre n’est autre que Beret Albayrak, le gendre du sultan Erdogan. C’est l’ancien ministre de l’Énergie. Et le rapprochement avec la Russie pourrait l’enrichir considérablement. Bien évidemment, la prolongation de l’état d’urgence a été approuvée par le parlement. Il permet de s’en prendre au parti HDP, considéré pro-Kurde.

Répercussions économiques

Comme le Front national français, dont les électeurs commerçants avaient subi les conséquences du départ des immigrés qu’ils appelaient de leurs vœux (lors des primes au retour du temps de Valéry Giscard), les commerçants votant AKP commencent à se rendre compte que les purges massives les ont privés de nombreux clients. Au Grand Bazar de la capitale économique, Istanbul, 600 boutiques ont baissé le rideau. Faute de touristes, qui boudent le pays, mais aussi de chalands locaux en fuite ou en prison, ou sans emploi du fait des révocations. Ils l’ont voulu, ils l’ont eu. Et ils font mieux de baisser le rideau. Après les purges, il manque 12 000 policiers pour les protéger des gens bientôt affamés. C’était un choix, pas forcément bien raisonné. Il ne leur reste plus qu’à espérer le retour, un jour, aléatoire, des touristes russes…