Le Parlement rejette au plus grand bonheur des Polonais et des "#Femmes en grève" la proposition de loi interdisant l’avortement. Tout a commencé il y a quelques jours, quand un projet de loi interdisant l’avortement a été proposé au Parlement. C’est le député de la majorité ultraconservatrice du PiS (Droit et justice) Witold Czarnecki qui a déposé cette proposition. Mais la commission de la justice et des droits humains de la chambre basse s’opposait fermement à son entrée en vigueur. La proposition de loi prévoyait des peines allant jusqu’à cinq ans de prison pour les femmes, les médecins ou personnes participant à la procédure d’interruption volontaire de grossesse #ivg. Seule était impunie une intervention pour sauver la vie de la femme. Mais l’avortement est parfois la seule issue possible. C’était sans compter sur l’opposition de nombreuses Polonaises, plus de 100 000 femmes vêtues de noir, qui ont manifesté lundi dans les rues. Elles ont protesté contre ce projet de loi visant à interdire l’avortement dans leur pays, jugé en majorité ultraconservateur et en inadéquation avec les droits de la femme européens. Les Polonaises connaissent en effet une évolution plus tardive que celle des Françaises. Cette mobilisation impressionnante a ému de nombreuses personnes partout dans le monde et représente un véritable soutien pour l'avenir ! Ces femmes unies dans l’avancée de leurs libertés ont été nommées les "femmes en grève". Vêtues de noir, elles ont protesté dans les rues pour se battre face à des pensées trop machistes et conservatrices.

Les femmes en grève de Pologne obtiennent le droit d’avorter

Le parti conservateur polonais a été bousculé par cette grande mobilisation de femmes, unies contre une interdiction quasi complète de l’avortement. Conscient de la grande sensibilité du sujet, Jaroslaw Kaczynski, le chef du PiS, le parti au pouvoir, a décidé de tirer un trait sur une proposition de loi qui avait pourtant recueilli les signatures de près de 500 000 citoyens. Avant même le vote, le ministre de la science et de l’enseignement supérieur Jaroslaw Gowin avait déjà montré la position du parti : "Je voudrais rassurer ceux qui craignent que l’avortement soit totalement interdit en #Pologne. A coup sûr, le projet d’interdiction totale ne passera pas. L’avortement ne sera pas interdit en cas de viol ou quand la vie ou la santé de la femme sont menacées". Mais ses paroles ont été jugées bien trop conservatrices par une majorité de Polonaises. C’est le 5 septembre au soir que le parti conservateur est définitivement revenu sur sa décision. La manifestation des femmes n’y est pas pour rien. Face à ce regroupement de quelques 100 000 femmes à travers le pays, il a renoncé à la proposition de loi. Les protestations du 3 octobre "nous ont fait réfléchir et nous ont donné une leçon d'humilité", a admis Gowin.

La commission parlementaire a ainsi voté pour le rejet du texte, avec une importante majorité de voix (352 députés de la majorité conservatrice et de l'opposition). 58 députés se sont, quant à eux, prononcés pour son adoption et 18 se sont abstenus. Mercredi soir, les organisations féministes ont pu crier victoire. La porte-parole du parti libéral Nowoczesna, Kamila Gasiuk-Pihowicz, a ainsi publié sur Twitter : "Lundi la manifestation noire, mercredi, le projet est rejeté. Toutes ensemble, nous sommes fortes !"

Des exemples de solidarité