« Si Hillary est élue, elle ferait l'objet d'une enquête pénale prolongée, et probablement d'un procès pénal, » a plus sobrement qu'usuel commenté Donald Trump. Rien à voir avec les triomphales exclamations sur un scandale « d’une ampleur inouïe depuis le Wartergate » ou « plus importante encore que le Watergate » qu’un The Donald-Lou Ravi martelait en fin de semaine dernière. Hier déjà, j’indiquais la volte-face de la presse américaine, quelque peu confuse d’avoir gonflé à l’extrême cette October Surprise qu’est la décision du FBI de poursuivre ses investigations sur les courriels d’#Hillary Clinton.  Sur Rolling Stone, un éditorialiste a comparé le traitement de ce micro-événement à celui du premier alunissage de la Nasa. Et puis cela fait pschitt –comme le disait Jacques Chirac à propos du financement occulte du RPR (devenu Ump puis LR) – comme l’ouverture d’une bouteille de soda homonyme. J’indiquais aussi que les dernières révélations de WikiLeaks « sont très faibles » (in « Courriels d’Hillary Clinton : et si le FBI avait en fait piégé Donald Trump ? »). En fait, une pigiste démocrate (et choisie pour telle) de CNN avait fait fuiter deux questions (pollution, peine de mort) qui allaient être posées à la candidate lors d’un débat. Deux questions, un débat, sur des dizaines de milliers et des centaines d’entretiens. La belle affaire. Mais on ne plaisante pas avec la déontologie aux É.-U. ou au Canada : Donna Brazile a démissionné de CNN. Cela fait quand même peu pour accréditer le « vaste complot » médiatique que dénonce Donald Trump. Lequel brandit aussi des sondages bidonnés pour assurer qu’il va gagner. Penchons-nous sur la question avec un #Sondage quelque peu plus sérieux monté en épingle par la propagande russe…

Sputnik News France sait y faire

Formé au titrage par la presse dite parallèle et par Libération des années 1970, je devrais postuler à #Sputnik News. Bravo pour ce titre « La cote d’impopularité d’Hillary Clinton en hausse » (au lieu du convenu « de popularité en baisse »). Ce n’est pas de la désinformation à première vue, le fait est respecté, un sondage, un seul, pour ABC et le Washington Post, effectué à chaud juste après la divulgation de la lettre du directeur du FBI ne donne plus effectivement qu’un point d’avance pour la démocrate sur le républicain. Sauf que… La marge d’erreur de ce type de sondage est de ± 5% (soit dix), et que, dès hier soir, j’aurais pu titrer comme je le fais aujourd’hui. Soit « Hillary maintient », non pas en raison d’un petit point d’écart, non pas en référence à l’unique sondage lui accordant 12 points d’avance, mais de la moyenne des sondages établie hier en fin d’après-midi (6 points). Ce jour, à 12:00, cette moyenne (sur 357 sondages) est stable (voir sur le Huffpost Pollster) : 48,2 contre 42. Sauf qu’elle ne tient pas compte de la moyenne des marges d’erreur, de la disparité des échantillons, &c. Mais c’est beaucoup plus fiable. Je m’étais aussi penché sur le sondage pour ABC-WP et ce qu’en réchauffe Sputnik News est fort éloigné de mon interprétation : les électeurs de Trump montrent encore plus de défiance à l’encontre d’Hillary Clinton (ce qui change peu la donne). Quant à l’issue, rappelons-le, elle dépend du nombre de grands électeurs État par État et de leur décision finale (ils peuvent faire défection). Pour le moment, Hillary Clinton conserve toutes ses chances, très largement, et les démocrates sont en mesure d’enlever la majorité au Sénat (c’est moins sûr). Ce qui est vrai dans ce que rapporte en différé Sputnik News c’est que de nombreux électeurs démocrates ont une opinion négative de leur candidate ; c’est encore plus réel pour ceux de Donald Trump, d’où qu’ils viennent (famille incluse). Cela non en raison d’un « complot médiatique » mais des faits, gestes et dires de Donald Trump, fermez le ban. Cette conclusion n’aurait sans doute rien à faire dans une dépêche d’agence, mais, ici, ma lecture complète et non partielle ou partiale de ce sondage m’y autorise.