Les éditions « pour les nuls » (for the dummies) ne s’adressent pas qu’aux béotiens. Tentez de lire Quantom Physics Workbook – si traduit ; votre intérêt pour la physique a cessé après l’obtention de votre baccalauréat littéraire ? Make my day (faites-moi plaisir) si vous me soutenez le contraire ! Je ne sais combien de pages (sur 389) sont consacrées au collège électoral présidentiel dans Politics for Dummies, mais jetez un œil sur la page Wikipedia (la française est quasi-infime par rapport à l’anglaise). Résumons au plus strict. Il n’y a que deux États fédéraux sur 50 où la règle du « le vainqueur rafle tout » – soit ramasse toutes les grands électeurs – ne s’applique pas (winner-takes-all). Le Maine (quatre grands électeurs) et le Nebraska (cinq) divergent car ils suivent la méthode dite du congressional district (un électeur par circonscription électorale). Le nombre de grands électeurs varie en fonction des recensements décennaux. Après ce préambule, penchons-nous, à J-6 sur les deux derniers sondages pour ABC et le Washington Post. Ils ont donné à la suite un point d’écart pour #Hillary Clinton puis pour #Donald Trump. The Donald vainqueur ? On serait tenté de le croire puisque, de 1992 à 2012, ces sondages ont toujours vu juste (y compris pour le duel Gore-Bush, donnés à égalité). Voui, mais… Ce sont des sondages fédéraux. Généralement, le national reflète la répartition globale des grands électeurs. Mais Donald Trump change très sensiblement la donne. Je vais donc m’enferrer dans mon « erreur » d’estimation d’hier (« Hillary maintient son avance ») en y mettant un bémol : il est vrai que l’écart se resserre quelque peu, et que les 12 pts d’avance de la démocrate appartiennent au passé.

Trump n’aura pas la tête d’Hillary

Les Britanniques ont leur Burning Man sous l’égide de l’Edenbridge Bonfire Society. Et parmi les personnages brûlés en effigie cette année (samedi) figure un The Donald tenant la tête coupée de Mrs Clinton. Triste augure ? Pas vraiment. Car voyez le site dédié aux sondages de l’Huffington Post. Hillary Clinton devançait toujours Donald Trump de quatre points, non plus globalement, mais selon une moyenne de plus de 200 sondages, oui, mais État par État. Résumé du site HuffPollster, Hillary conserve 98% de chances de l’emporter. Davantage si quelques grands électeurs républicains choisissaient de voter pour elle et contre leur candidat officiel. Ce qui, vu l’état des relations détestables entre Donald Trump et le Grand Old Party, peut se produire. La couleur du GOP, c’est le rouge, sa mascotte, c’est l’éléphant. Comme le dit l’adage, un éléphant, cela trompe énormément. Pour les démocrates, c’est le bleu et l’âne (qui ne boit pas de Trump s’il n’en a pas soif). Il y a donc des états rouges (Trump) et bleus (Clinton). Et aussi des gris, les Swing States (qui basculent d’un camp vers l’autre). Or Trump devrait vraiment emporter les grands électeurs de tous ces États jouant l’élection au culbuto pour ravir les clefs de la Maison Blanche. À l’impossible, nul n’est tenu, mais impossible n’est pas plus étasunien parfois que français (si une seconde surprise d’octobre, arrivant en novembre, défavoriserait Mrs Clinton, je prends cette précaution oratoire). De plus, les votes anticipés (c’est possible dans une majorité d’États) laissent entrevoir que Clinton pourrait l’avoir emporté en Arizona (provisoirement, c’est un État rouge) et d’autres États, mais Trump semble toutefois assez résister. Il reste cependant une possibilité étonnante. Il faut 270 voix de grands électeurs ; si Trump se confortait vraiment, on pourrait obtenir l’égalité à 269 partout. Dans ce cas, le Congrès tranche. Actuellement, il est à majorité républicaine, et là, même si des défections sont possibles, Trump est élu. Cela se jouera en Floride, Nevada, Ohio, et Iowa (six gds él.) en particulier. Et oui, dans l’Iowa, Trump semble à un point au-dessus de Clinton. Dans les trois autres, ce sera serré… Les Swing States comptent 115 voix. Wait & see. #Etats-Unis