Est-ce bien Abou Bakr Al-Baghdadi qui s’est adressé à l’ensemble des djihadistes de #Mossoul et de par le monde en un message radiodiffusé lui étant attribué ? Voici quelques temps, on le disait en convalescence, victime d’un grave empoisonnement… Quoi qu’il en soit, il – ou son porte-parole – ordonne à ses combattants de Mossoul de résister jusqu’au dernier et aux autres de se livrer à des attentats kamikazes dans les pays des « mécréants ». Les premiers sont sommés de ne céder aucun terrain, de ne pas tenter de repli tactique car « tenir ses positions dans l’honneur est mille fois plus aisé que de se replier dans la honte ». On ne sait trop où lui-même est replié ou dissimulé (mais les forces kurdes assurent qu’il est resté à Mossoul). Les seconds, ceux des cellules dormantes dans les pays impies, doivent « transformer les nuits des mécréants en jours, semer la destruction et faire couler le sang en rivières ». Il ajoute « le djihad que mène aujourd’hui l’État islamique ne fait qu’affermir notre foi, la volonté d’Allah et notre conviction que tout ceci n’est qu’un prélude à la victoire ». Parmi les pays à frapper figurent l’Arabie saoudite et la Turquie. Qui ne peut rejoindre la Syrie ou l’Irak doit se rendre en Libye. Ces directives incantatoires sont à peu les mêmes que celles du dernier en date des magazines de #Daesh intitulé Nashir. Publié en anglais, français et arabe, Nashir incite à « frapper la tête », soit les pays occidentaux. Mais les auteurs semblent tenir compte du réel local : Mossoul est encerclé, « saigne », la hijra (venue dans le califat) est impossible, et ce n’est qu’en commettant des attentats dans les pays de la coalition que l’offensive sur Mossoul fléchira… Ce qui n’est pas vraiment en passe de se produire.

Progression lente vers Mossoul

Depuis le 17 octobre, les forces irakiennes, kurdes, et les milices chiites ou sunnites, ont repris le contrôle de centaines de kilomètres carrés et les forces spéciales irakiennes ont pris position dans deux faubourgs est de la ville. Toutes les maisons sont inspectées une à une après la mort ou la fuite des djihadistes qui tenaient ces abords. L’élément nouveau de ce jeudi est que les milices chiites irakiennes – Al-Hashed al-Shaabi – ont pris position à l'ouest sur la principale route reliant Mossoul à Rakka (ou Raqqa), la seconde ville en importance du califat, en Syrie. 47 djihadistes seraient morts dans les combats à l’ouest de la ville. Des drones artisanaux, chargés d’explosifs, sont parfois abattus, selon la presse irakienne. Par ailleurs, selon Human Rights Watch, il semblerait que les autorités kurdes de Kirkuk auraient commencé à procéder à l’évacuation de force d’habitations de civils arabes dont certaines auraient été rasées. Des milices sunnites irakiennes se seraient livrées à des exactions dans des villages, s’en prenant à des jeunes suspectés d’avoir sympathisé avec Daesh. Dans Mossoul même, des actes de résistance ont entraîné des rafles et des exécutions, estimées à près de 250 depuis le début de l’offensive. BIentôt, sans qu'une date puisse être avancée, la coalition envisagerait aussi d'assiéger #Rakka, en Syrie. Selon diverses sources, la plupart des djihadistes provenant de France et Belgique, ainsi qu'une majorité d'autres Européens, seraient à Rakka et non à Mossoul.