Donald Trump vient d’être élu 45ème président des Etats Unis. Il entrera en fonction dans 72 jours : le 20 janvier prochain. Retour sur son programme, entre protectionnisme et libéralisme pour s’intéresser à ses conséquences économiques.

Fiscalité:

#Trump propose de passer le nombre de tranches d’impôts de 7 à 3 ainsi que de réduire le taux d’impôt des plus riches de 39% à 33%. Il n’oublie pas non plus les entreprises et suggère de baisser l’impôt sur les bénéfices qui passerait de 35% à 15%. L’Obamacare, le programme de santé publique du président Obama devrait être supprimé ; enfin, il proposera un grand plan d’investissement dans les infrastructures : routes, ponts, aéroports… Une sorte de plan Marshall.

Ce qui va changer : les 1% les plus riches verront leurs impôts baisser de 47% selon le Tax Policy Center. Les dépenses augmenteront de 5300 milliards de dollars en 10 ans, la dette devrait alors s’élever à 105% du PIB en 2026. Enfin, avec la suppression de l’Obamacare près de 20 millions d’américains perdront leur assurance santé.

Commerce extérieur :

Trump a une vision du commerce extérieur assez proche de celle d’Hillary Clinton : leurs propositions étaient donc assez similaires. Il prévoit de rejeter le TPP (Trans-Pacific Partnership), l’accord de libre-échange avec les pays d’Asie-Pacifique. Comme Cinton, il n’est pas spécialement favorable au NAFTA, les accords commerciaux avec le Canada. Enfin, et c’est ce qui le différenciait de Clinton sur ce sujet : il propose de mettre en place des droits de douane à hauteur de 45% pour la Chine et de 35% pour le Mexique.

Ce qui va changer : la suppression du TPP n’aura qu’un faible impact sur l’économie américaine selon la plupart des estimations. Mais selon l’agence Standard & Poor’s les coûts de l’isolationnisme seront plus élevés que les bénéfices.

Immigration :

On a beaucoup entendu parlé des propositions radicales de Trump concernant l’immigration. La construction d’un mur à la frontière mexicaine a notamment fait beaucoup de bruit. Trump veut aussi expulser près de 11,3 millions de sans-papiers en deux ans. Enfin, il suggère d’augmenter les salaires payés aux étrangers très qualifiés pour favoriser l’embauche des américains natifs et des immigrés légaux.

Ce qui va changer : globalement, un ralentissement de la productivité et de la croissance selon Standard & Poor’s. En effet un faible taux d’immigration pourrait être problématique alors que la population américaine est de plus en plus vieille. De plus, les immigrés hautement qualifiés occupent surtout des postes qui ne sont pas pourvus par les américains natifs : augmenter leur coût pénaliserait les entreprises.

Salaires :

Après quelques réticences, Trump a finalement annoncé une majoration du salaire minimum à 10 dollars de l’heure (contre 7,25 aujourd’hui), mais certainement pour suivre Clinton qui elle proposait de relever le salaire horaire minimum à 12 voire 15 dollars.

Ce qui va changer : la hausse du salaire minimum impliquera forcement une hausse du coût du travail pour les entreprises et spécialement les petites et moyennes. Cependant, le salaire minimum n’a pas augmenté depuis 2009 alors que le coût de la vie lui a été revu à la hausse, alors que l’économie américaine repart, les conditions sont réunies pour que le salaire minimum augmente.

Toutes ces propositions et projets de réformes ne verront pas toutes le jour. En effet, certaines sont tout simplement illégales tandis que d’autres ne trouverons pas l’approbation du congrès. #Economie #Etats-Unis