Dans les sondages sur les élections présidentielles aux États-Unis, seuls quatre candidats sont considérés : #Hillary Clinton (Dem.), #Donald Trump (Rep.), Gary Johnson (libertarien), Jill Stein (écologiste). Mais il est d’autres candidates ou candidats indépendants, soit, d’Ed Baker à Terry W. Wheelock, une petite vingtaine, dont un plus sérieusement considéré que d’autres, #Evan McMullin. Cet ancien de la CIA avait été un temps envisagé en cas de défection subite de Trump (ou d’implosion en vol) par les républicains étant hostiles à The Donald. C’est en fait un républicain bon teint, mais qui ne participait pas aux primaires, et qui n’a plus aucune chance de l’emporter, sauf… sauf… dans l’Utah. Cet État a pour capitale Salt Lake City qui est aussi celle des Mormons, qui ont toujours voté républicain (emportant les grands électeurs de tout l’État) mais qui, surtout depuis que Donald Trump est soupçonné de viol sur deux mineures âgées de 12 et 13 ans en 1994, sont peu susceptibles de voter Clinton ou Trump. Mais ils voteront car un Mormon vote, ne serait-ce que nul. Et ils voteront, semble-t-il, contre Trump, donc pour Evan McMullin. L’assistance, mercredi dernier, à l’université de l’État à Salt Lake, était clairsemée. Mais la presse l’a aidé à convaincre.

Anti-Trump avant tout

Evan McMullin est un conservateur pur jus, mais fait figure de modéré. En effet, il a dénoncé le racisme alors que Donald Trump a reçu le soutien enthousiaste du Ku Klux Klan, et la misogynie. Ce après de multiples plaintes de femmes contre Trump et ses propos pour le moins, hum, « lestes ». Il se prononce aussi pour la liberté religieuse et donc – implicitement – contre la stigmatisation des musulmans, des catholiques (entendez des latinos catholiques et Américains aux origines orientales assimilés à des musulmans que Trump n’a pas ménagé dans ses discours). En sus, évidemment, il n’épargne aucunement Hillary Clinton, ce qui va de soi dans l’Utah. Il a aussi bénéficié d’une perfide attaque d’un porte-parole local de Trump qui l’a qualifié de ‘’closet homosexual’’ et d’autres qualificatifs dans un message préenregistré et adressé par téléphone à de nombreux électeurs potentiels. Le tollé l’a incité à présenter des excuses publiques. Donald Trump a dû faire déclarer qu’il ignorait tout de la teneur de ce message. Autre avantage, deux sénateurs et un gouverneur républicains ont annoncé qu’ils ne voteraient pas pour Trump. Donc les sondages locaux donnent McMullin, lui aussi mormon, natif de l’Utah, en tête (de peu). Dans un état aussi « rouge » (rep.) que l’Utah, qui vote d’habitude à plus de 70 % pour le Grand Old Party, la victoire d’un non-républicain (enfin, forcé de se présenter tel), serait la première depuis 48 ans. Mais un phénomène voisin pourrait se produire dans l’Arizona où des personnalités républicaines, notamment un sénateur, ont laissé entendre qu’ils pourraient voter McMullin. Mais l’Utah est plus important car il désigne six grands électeurs : si McMullin arrive en tête, il les emporte tous et peut empêcher tant Trump que Clinton de parvenir à la majorité requise (270 grands électeurs). Dans ce cas, il reviendrait aux Representatives (de la chambre « basse », par rapport au Sénat) de trancher. Si aucune majorité n’est dégagée par les élections, ce sont eux qui élisent la ou le président, et pourquoi pas, faute de consensus… et de refus de républicains de voter Trump… Evan McMullin ? L’hypothèse est hasardeuse (McMullin n’est pas sûr de l’emporter), mais autant prendre date.