Comme présumé au doigt mouillé précédemment, on devrait à peu près être au parfum de qui siègera à la Maison Blanche ce 9 novembre au petit matin (avant qu’un bout de soleil frappe le clocher de Notre-Dame de Paris). Mais même demain soir, si le scénario de l’impossible se vérifie, il faudra attendre le 6 janvier 2017. Ce en raison de la complexité du système électoral pour les présidentielles outre-Atlantique. Les élections américaines peuvent réserver jusqu’au bout du bout de sérieuses surprises (ainsi de l’élection de George Bush Sr).

Et si, et si les grands électeurs…

Les partis nomment leurs grands électeurs, leur nombre est égal à celui des sièges de sénateurs et de congressmen (représentants, tout autant membres du Congrès que les sénateurs, mais on les désigne ainsi) de l’État. Évidemment, il s’agit de donateurs ou de personnalités proches du parti. La Californie en compte 55, l’Alaska trois seulement. Leur vote n’interviendra que le 19 décembre. Ceux du Maine et du Nebraska pourront peut-être répartir leurs votes (ces deux États observent un système différent avec un électeur par district). Dans 20 États, on peut avoir des faithless electors, qui s’abstiennent ou votent contre le camp qui les a désignés. C’est rare (neuf depuis le début du siècle dernier). Mais imaginez l’improbabilité d’un résultat très serré et que des États républicains comme l’Utah (fief des Mormons) aient désigné des électeurs ne pouvant voir Trump même en peinture. L'Utah désigne six électeurs, et si McCullin emporte la majorité des voix, même d'un soupçon de points, il obtient six voix puisque le gagnant ramasse tout.

Tadam, tadam… le 6 janvier

Admettons que, le 6 janvier, lors de l’ouverture des enveloppes devant le Congrès réuni, l’Utah ait désigné les électeurs de… Evan McMullin, un mormon, natif de l’Utah, ex-républicain (l’Utah vote presque toujours rouge, républicain, et non bleu, démocrate) et candidat indépendant. Ce 6 janvier 2017, ni Trump, ni Clinton n’ont obtenu 270 voix. L'hypothèse est farfelue mais non exclue. Les congressmen (représentants des districts de chaque État) sont majoritairement républicains donc ils désigneront #Donald Trump ? Ah, cela n’est pas sûr. Imaginez un Trump surjouant The Donald. Le bougre en est capable. Le système des dépouilles, de renouvellement du personnel de la présidence, touche des centaines, voire des milliers de personnes. Or, imaginez un peu Donald Trump laissant entendre qu’il choisira ambassadeurs, ministres, secrétaires d’État parmi ses chums, ses clients et partenaires en affaires, ses adversaires sur le green. Il l’a maintes fois suggéré puisque, qui mieux que lui qui a su en jouer en truquant des acquisitions, des permis de construire, des décisions judiciaires, cela en graissant la patte des politiques et des fonctionnaires, peut nettoyer les écuries d’Augias ? Il a seriné qu'il ‘’curera la mare’’, ‘’assèchera le marais’’ de Washington. Allez ouste, les caciques républicains, vous avez fait votre temps, vous êtes aussi corrompus que vos partenaires, ces copains-coquins de démocrates. Le 6 janvier 2017, tous les représentants républicains qui n’auront pas placé des amis ou des copines à la Maison Blanche auprès de Trump pourraient réagir… Evan McMullin est un conservateur pur jus, favorable aux libertés religieuses, consensuel. Restons sérieux : j’vous dis cela, j’vous dis rien parce que ce scénario de l’impossible sera sans doute écarté ce 9 novembre au matin (un peu avant midi heure de Paris) sans plus de doute possible. Perso, vers 02 h ici, j’irai au lit, sans la moindre certitude quant au nom du vainqueur ou de la gagnante. Voyez ou relisez ‘’le D-Day prendra fin vers 03:30 pour Paris-Bruxelles-Madrid’’ et balancez-moi des œufs pourris virtuels, des émoticons ou emojis assassins, en commentaires si je me suis gouré sur toute la ligne. #Hillary Clinton #Élections