Les féministes américaines emploient le plus backlash. Ce retour de flamme, ou contrecoup, désigne pour elles le retour en arrière, à la domination machiste et patriarcale. Certaines – minoritaires mais influentes – l’ont d’ailleurs provoqué par des déclarations ou prises de position outrancières. Tout comme on peut estimer qu’Hillary Clinton, considérant ''pitoyables'' ou ''lamentables'' les électeurs de #Donald Trump a peut-être réussi à lui gagner des voix d’indécis. Trop de politiquement correct a certainement réussi au plus politiquement incorrect des candidats à la présidence des États-Unis. Les résultats en voix, les nationaux, ne sont pas encore stabilisés et il faudra très longuement les attendre.

Publicité
Publicité

Ils pourraient accorder un tout petit avantage à la candidate démocrate. Mais pour les résultats qui font l’élection, État par État, conditionnant le nombre de grands électeurs, Trump l’emporte très largement. Pourquoi ? Il n’est pas certain qu’il se soit produit un net #Whitelash du fait de la longue présidence des Obama, Barack et Michèle, car ils restent, paraîtrait-il, populaires. Le conditionnel s’impose puisqu’avant et même après avoir voté (sondages sorties des isoloirs), nombre de partisans de Donald Trump ont menti aux instituts de sondage. Pourquoi n’en serait-il pas de même lorsque les sondés étaient interrogés à propos des Obama ? Toujours est-il que Van Jones et de nombreux Noirs ou Latinos sont profondément convaincus que le whitelash a porté la candidature de Donald Trump. Cela semble corroboré par la composition de son électorat.

Publicité

Ruraux et sans diplôme

Les votants sont assez bien répartis entre les deux adversaires en termes de pouvoir d’achat. Certes, l’Amérique urbaine à revenus supérieurs à la moyenne nationale a nettement avantagé Hillary Clinton. Mais si on regarde de plus près les cartes, ce n’est pas si déterminant. En revanche, le clivage est particulièrement net entre les électeurs ayant pu poursuivre des études universitaires ou simplement intégrer un college, et les autres, soit ceux dont les études se sont arrêtées avant ou à la fin de la high school. Il y a bien sûr une corrélation avec le revenu même si les colleges et les universités s’efforcent d’accorder des bourses à des recrues provenant de milieux modestes. Mais ce qui frappe surtout, c’est le pourcentage des électeurs blancs et moins bien éduqués du Midwest. Soit cette région circonscrite par les grands lacs au nord, et Saint-Louis (située à peu près au milieu, en bordure orientale du Missouri). C’est l’Amérique des ruraux, des ouvriers, des rednecks (les nuques rouges mais aussi les ‘’réacs’’).

Publicité

Des régions où l’on va à la réunion du Lions’ Club en salopette et casquette International Harvester (marque de tracteurs). Petites villes, très peu de Noirs ou de Latinos. Patelins où l’on joue au softball avec les mômes après la messe dominicale. J’y fus cowboy (garçon vacher, mais sédentaire) deux mois vers la fin de ma prime adolescence, et si le patron et la patronne n’étaient nullement réactionnaires, le voisinage… Nulle surprise de voir Donald Trump l’emportant avec 77,4% des suffrages dans le bien nommé White County au cœur de l’Illinois.

Donald Trump raciste ?

La famille Trump n’est sans doute pas davantage raciste que xénophobe. Il est ‘’ouvert’’, a même commenté une Hillary Clinton reconnaissant sa défaite (aussi au Sénat où les démocrates n’ont repris qu’un siège aux républicains). Les Trump et les Clinton se connaissent de fort longue date… Tant Donald Trump que sa fille Ivanka, ou ses fils déjà aux affaires, emploient des Noirs et des Latinos sans barguigner (sauf sur les salaires et les congés, notamment de maternité, en dépit des déclarations natalistes de The Donald). Mais ils ont tout fait pour faire croire au whitelash, et ce fut payant pour eux. La #White House comptera peut-être autant de Noirs et de Latinos que du temps d'Obama, mais les rednecks du Midwest seront persuadés du contraire même si Hillary Clinton n'ira pas en prison.