#Twitter devrait n’avoir rien à refuser à #Donald Trump, leur meilleur agent publicitaire. Pourtant, quand l’équipe de campagne avait envoyé un émoticon en forme de sac d’argent muni d’ailes pour accompagner le hashtag #CrookedHillary (Hillary escroc), la direction de Twitter l’avait renvoyée dans ses cordes. Ce qui est sûr, c’est que Twitter ne trouvant de repreneur, ses actions sont orientées à la baisse, mais elles avaient sérieusement regrimpé avec l’annonce de l’élection de Donald Trump. Et le moins qu’on puisse dire, c’est le président élu continue de contribuer à la visibilité du site. C’en est à se demander si lui-même ou des membres de sa famille ne détiennent pas des paquets d’actions ou spéculent à la hausse ou la baisse en fonction des interventions du compte @realDonaldTrump.

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Donald Trump, Twitter maniaque

Hors celles de sa fondation, qui fait l’objet d’enquêtes judiciaires pour détournement de fonds (au profit de Donald Trump lui-même ou de ses intérêts individuels), il n’est guère facile de savoir dans le détail à quels conflits d’intérêts les diverses affaires du milliardaire ou de membres de sa famille l’exposent. Déjà, il a refusé de divulguer ses feuilles d’imposition qui ont fuité. Ensuite, il ment systématiquement sur le niveau de sa fortune, qu’il gonfle en minimisant ses pertes. Le seul conflit patent tient au bail à long terme de son tout nouvel hôtel de la capitale fédérale car il s’agit de l’ancienne poste centrale de Washington. Il a signé un bail selon lequel aucun élu ne peut figurer au conseil d’administration (de manière à ce que les révisions de loyer ne soient pas soumises à des influences internes à l’administration).

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Ce qui est évident, c’est que la communication du président élu passe par Twitter jusqu’à plusieurs fois par jour (et nuit). Donald Trump va dans l’Indiana ? Deux tweets. Donald Trump nomme Elaine Chao au ministère des Transports, Tom Price à la Santé, Seema Verma à la Sécurité sociale (Medicare, Medicaid) ? Deux tweets. Mais il y a aussi les tweets intempestifs. Comme celui revendiquant au moins 2,4 millions de voix de plus qu’Hillary Clinton qui aurait obtenu cette avance grâce à des votes frauduleux en Californie et ailleurs. Il a aussi récidivé avec un tweet proposant la déchéance de nationalité ou un an d’emprisonnement à qui brûlerait le drapeau des États-Unis. Or, la question est réglée depuis les décisions de la Cour suprême de 1989 et 1990 dont Trump semble ignorer jusqu’à l’existence… Le Twitter maniaque semble incapable de se réfréner.

Trump embarrasse les républicains

Les élus républicains, embarrassés par la presse leur demandant de commenter les tweets de Trump, soient s’y refusent, répondant qu’ils ont d’autres chats à fouetter et des affaires plus urgentes et importantes à traiter, soient se montrent très critiques quand ils ne se déclarent pas effondrés.

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Sur la question de l’outrage à la bannière étoilée, ils ont le plus souvent haussé les épaules. Mais sur le sujet de la fraude électorale, beaucoup l’ont pris très mal, sommant le président élu d’apporter des preuves ou de se taire. Mais le Twitter compulsif n’en a cure. Il se conduit encore tel un candidat en campagne, réplique aux journalistes qui lui déplaisent, les invective, ayant recours au même langage (genre : évident que #atvoterfraud s’est vérifié au bénéfice de #CrookedHillary (…) Toi, un journaliste ? Pathétique !). Depuis le 29 dernier, 15 tweets (et la journée n’est pas finie). Il utilise encore aussi ses comptes de campagne (sur Facebook ou d’autres sites, comme GreatAgain en suffixe gov) pour communiquer. À la question de savoir si Donald Trump pouvait conserver son compte Twitter, le sénateur Lindsey Graham (rep) a fini par répondre : ‘’Demandez-le lui, après tout, il est majeur, enfin, je crois’’. Twitter a refusé un emoji au candidat ; en sera-t-il de même des émoticons que suggérera le président en exercice ? Exemples, pour accompagner un #LazyFrenchies, un #KissestoMarineLePen, ou #PhonyFillon. #Etats-Unis