Le 20 novembre dernier, ont bien eu lieu les élections qui avaient débuté en octobre 2015 en #Haïti... Ces élections avaient été annulées pour cause d’irrégularités, provoquant de nombreux affrontements et manifestations dans la capitale, Port-au-Prince. Selon l’actuel président par intérim Léopold Boulanger, la tenue de ces élections représente « une victoire de la démocratie et une réussite pour le pays », la journée s’étant déroulée « dans la sérénité, sans incident majeur ». Seuls 43 dissidents ont été arrêtés sur le territoire, et seule la localité de Roseaux n’a pas pu se rendre aux bureaux de vote, une rivière en crue ayant empêché l’acheminement du matériel électoral.

Publicité
Publicité

27 candidats sont en lice pour cette élection, et 3 ont émergé comme favoris : Jovenel Moïse, protégé de l’ancien président Michel Martelly et proche de la communauté internationale, Jude Célestin, ingénieur lui aussi d’une mouvance libérale, et Jean-Charles Moïse, nationaliste convaincu qui veut privilégier l’action des entités locales pour le développement économique et social de son pays. Maryse Narcisse, est quant à elle la seule femme encore en compétition. Médecin de formation, elle était devenue la porte-parole de l’ancien président - controversé - Jean-Bertrand Aristide après le départ de celui-ci en exil en 2004 ; il la soutient fermement depuis son retour au pays en mars 2011.

Un processus électoral fragile

Quelques 4200 observateurs nationaux et internationaux étaient présents, et 12 900 policiers mandatés pour assurer la sécurité des électeurs.

Publicité

Fréquemment ajournées, ces élections n’ont pas réussi à gagner l’intérêt de la population, qui subit les conséquences terribles de l’ouragan Matthew et soupçonne les autorités de s’approprier les aides internationales. Sans compter la récente épidémie de choléra répandue par les casques bleus népalais de l’ONU - ce qui, d’ailleurs, ne fait que renforcer le sentiment d’ingérence des populations. Haïti peine à se reconstruire, l’Etat haïtien est miné par l’instabilité politique et la corruption et une large partie de la population vit encore dans des camps provisoires, les bâtiments détruits dans l'important séisme de 2010 n’ayant toujours pas été reconstruits. 30% de la population vit encore avec moins de 3 dollars par jour et l’espérance de vie n’excède pas 65 ans. Ce nouveau scrutin a donc lieu dans des conditions difficiles, voire préoccupantes. Comme le déclare Mr Berlanger, « la bataille n’est pas finie, reste la deuxième mi-temps, l’annonce des résultats, au maximum dans 8 jours, et leur acceptation démocratique ». Si aucun des candidats n’obtient plus de 50% des voix, un deuxième tour aura lieu le 29 janvier 2017. #Élections #Crise économique