C’est très simple. Et compliqué. Si #Donald Trump peut emporter plus de 270 voix de grands électeurs (cela pourrait être 306), il sera désigné président des États-Unis. Ce alors qu’#Hillary Clinton le devance de plus de deux millions de bulletins et qu’une désignation des grands électeurs à la proportionnelle lui assurerait une bonne avance. En effet, en cas de proportionnelle, et en fonction du décompte actuel (qui tarde, tarde à être définitif…), Donald Trump compterait 257 grands électeurs, derrière Hillary Clinton à 260, et Gary Johnson et Jill Stein en obtiendraient un total de 21. Bien sûr, dans ce cas, la Chambre des représentants, chargée de départager, à majorité républicaine, désignerait Donald Trump au mépris du vote populaire. Oui, mais, un recompte va intervenir dans peut-être trois États clefs, et il se peut que jusqu’à six grands électeurs républicains choisissent de voter contre leur ‘’camp’’.

La Russie à la manœuvre ?

Que la propagande russe ait pu influer, via les sites Russia Today (RT) ou Sputnik ne fait aucun doute. Quoique… Il y a presque autant d’électeurs d’ascendances ukrainienne que russe aux États-Unis, et cela reste marginal, enfin, espère-t-on. Il est très vrai que des dizaines, des centaines de fausses informations ont été amplement relayées par les équipes de Donald Trump et les francs-tireurs tirant profit de la crédulité de milliers de personnes trop heureuses d’être désinformées pourvu que leurs préjugés soient confortés. Cela vaut aussi pour la France, et la propagande russe appuie fortement François Fillon. Mais l’impact est difficile à mesurer. En revanche, les services russes auraient facilement pu manipuler les résultats des votes électroniques. Habilement.

Le Wisconsin en premier

Il est très, très aisé de pirater les machines à voter étasuniennes. Un très jeune hacker pourrait le faire les doigts dans le nez. Alors, pensez, les services russes… Jill Stein, la candidate écologiste, en est persuadée. Elle veut obtenir un nouveau décompte des votes dans trois États, le #Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie. Là, où les écarts entre Hillary Clinton et Trump sont très faibles, là où il est fortement suspecté, par les services américains, qu’une intrusion se soit produite. L’équipe d’Hillary Clinton a laissé faire Jill Stein, mais l’appuie déjà pour un nouveau décompte dans le Wisconsin. Car, aux États-Unis, tout se monnaye. Le décompte définitif ne sera clos que le 13 décembre. Les résultats définitifs du Michigan ne seront proclamés que lundi prochain, 28 novembre. Et les grands électeurs se prononceront le 6 janvier. Dans le Wisconsin, il est patent que Donald Trump l’emporte là où les bureaux ont recours au vote électronique, et qu’il est distancé ailleurs. Il faudra recueillir sept millions de dollars pour obtenir un réexamen, mais c’est en bonne voie.

Hillary Clinton présidente ?

Les hackers russes, s’ils ont été à l’œuvre, ce qu’il reste à démontrer et ne le sera sans doute pas tant Donald Trump les a gangrénés en sous-main, non pour véritablement assurer une domination russe que pour se faire élire, ont agi très subtilement. Juste ce qu’il fallait pour que Donald Trump rafle la totalité des grands électeurs de ces États. Sans trop attirer l’attention… Jusqu’à il y a peu. Trump attaque pour le moment la seule Jill Stein et l’accuse de solliciter des fonds pour simplement les empocher. Élégant, distingué. Quand on sait à quel point le milliardaire a truqué ces élections en faisant empêcher des minorités de se rendre aux urnes, on peut s’attendre à tout. Y compris à ce que la Californie fasse sécession. L’idée fait aussi son chemin. Il n’en a cure… Le tout pour ma gueule, aux États-Unis, comme en France, domine les ressorts de l’action politique. Cela vaut peut-être aussi pour Hillary Clinton, d'accord, mais sans que toute fin ait justifié tous moyens (hors financiers). Et à présent, Trump renie ses promesses, et Michael Moore a beau jeu de le dénoncer. Marine Le Pen devrait s'en inquiéter.