Quoi de mieux que l’annonce puis la diffusion de la montée en puissance d’une offensive visant Rakka (Raqqa), en #Syrie, pour détourner l’attention de la stagnation des opérations de reprise de #Mossoul ? Ou minorer les pertes civiles, utilisées en tant que boucliers humains, voire faisant l’objet d’exactions, si ce n’est de tortures, de la part de forces irakiennes ? On peut le voir ainsi mais il convient de ne pas exagérer les difficultés rencontrées dans l’avancée sur Mossoul. Par rapport aux prévisions de l’état-major irakien, il est évident que l’offensive marque le pas. Cela serait dû aux fortes pertes des unités de l’avant, composées surtout de forces spéciales et de combattants kurdes. Pour sa part, l’armée américaine compte déjà 16 morts et 27 blessés depuis le début des opérations. Mais la détermination semble intacte, de part et d’autre. Les forces de la coalition vont être renforcées par l’arrivée de 300 militaires australiens, les rares contre-offensives des djihadistes ont été repoussées. Mais elles sont redoutables car des tireurs et des kamikazes munis de ceintures explosives se mêlent aux civils fuyant les combats. À l’intérieur de la ville, les exécutions, par crucifixions ou électrocutions se poursuivent. Les djihadistes mettent en scène leurs poussins combattants, des gamins de 8 à 12 ans, dont deux d’origines russes, tirant au pistolet dans la nuque de suspects. Les combattants du califat usent de deux subterfuges opposés pour se mêler aux civils : soit ils changent leur apparence, taillant leur barbe, masquant leurs armes, soit ils imposent aux civils de revêtir des treillis et de passer pour des djihadistes. La majorité des troupes irakiennes sont mal préparées aux combats au porte-à-porte et les unités blindées n’avancent que très difficilement. Cela vaudra sans doute aussi pour ces ‘’poussins du califat’’. Néanmoins, même si les dirigeants du califat exhortent à combattre jusqu’au dernier à Mossoul, ils n’excluent pas une défaite, un retour à la clandestinité, jusqu’à ce que les possibles divisions entre sunnites et chiites leur permettent de reprendre en partie la main.

Kurdes : deux fronts devant Rakka

Côté coalition, la bataille pour Rakka (Raqqa) a aussi débuté en Syrie, avec le déploiement des unités Kurdes de Syrie et les forces syriennes qu’appuient les États-Unis. Pour le moment, même si la Turquie considère ‘’terroristes’’ ces combattants kurdes, ses troupes ont cessé de les bombarder depuis le ciel ou en tirs d’artillerie. Deux percées sont en cours au nord de la ville et 17 localités ont déjà été reprises. Mais la prise de la ville elle-même serait surtout le fait de l’armée turque et des milices qu’elle soutient. Ce n’est pas tout à fait l’opinion des Kurdes qui soutiennent qu’ils n’auront pas besoin d’appui des forces de la coalition au sol pour pénétrer dans les quartiers nord de la ville. Pour les jours à venir, l’objectif est d’isoler Rakka de Mossoul. Les milices chiites ont pris position à l’ouest de Mossoul, les Kurdes et les forces syriennes tentent de bloquer l’est de Rakka. Par la suite, une coopération USA-Turquie est envisagée pour non seulement reprendre la ville mais l’administrer provisoirement aux côtés des forces syriennes démocratiques et leurs diverses composantes. Mais des dissensions et divergences d’appréciation sur la conduite des opérations se sont déjà fait jour entre les forces syriennes et kurdes. Ces tensions laissent envisager que la chute de la ville, qui regroupe une forte partie de djihadistes occidentaux (contrairement à Mossoul), pourrait prendre des mois. Dans la ville, le califat a fait opposer de larges affiches proclamant qu’il saura vaincre les forces coalisées. On ne peut guère présager des décisions de Donald Trump à propos de cette offensive lorsqu’il accédera à la Maison Blanche, le 20 janvier prochain. #Irak