Cela barde en #Italie à quelques jours du #Référendum sur la réforme constitutionnelle voulue par le chef du gouvernement, Matteo Renzi, dont la démission, au soir du 4 décembre, est envisagée en cas de victoire du non. Pour vous donner une idée de l’échauffement des esprits, citons Beppe Grillo, le chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S – Cinque Stelle) : Matteo Renzi est ‘’une truie blessée (…) un serial killer de nos enfants’’. Tous les sondages donnent le non l’emportant et c’est dans son camp que le capitaine de la Roma, Francesco Totti, s’est retrouvé engagé à l’insu de son plein gré. Des affiches reprennent deux des plus fameuses images de sa carrière de footballeur. C’était lors d’un match de la Roma contre la Juve, et l’attaquant au maillot 10 porte la main devant son visage en déployant quatre doigts puis la replie pour indiquer la sortie. Soit, en substance, ‘’on leur en colle quatre [buts], et on rentre à la maison’’. Ce qui se traduit avec les affiches des partisans du non par ‘’Renzi il 4 dicembre… A casa !’’, ou le 4 décembre, Renzi, tu dégages ! #Francesco Totti a protesté sur les réseaux sociaux contre l’utilisation de son image à des fins électorales, que ce soit par les uns ou les autres, à son insu. Il n’a pas donné de consigne de vote… Auparavant, le camp du oui avait diffusé un message célébrant son quarantième anniversaire en rappelant que depuis l’année où Totti avait disputé ses premiers matchs en série A (1ère division), l’Italie avait connu 15 gouvernements successifs. Le référendum, qui réduit considérablement le pouvoir du Sénat, vise à favoriser une plus grande stabilité gouvernementale. L’enjeu dépasse les frontières italiennes et l’Union européenne pourrait faire face à une crise comparable à celle du Brexit. Car la prévisible victoire du non pourrait s’accompagner d’une crise gouvernementale, de nouvelles élections pouvant favoriser les formations favorables à une sortie de la zone euro…

L’Italie et sa dette insupportable

Du fait du poids de la dette, des taux d’intérêts, supérieurs en Italie à celui du taux de croissance, le pays pourrait se retrouver, en restant dans la zone euro, dans une situation comparable à celle de la Grèce. Le Mouvement 5 étoiles, la Ligue du Nord, et Forza Italia (le parti de Silvio Berlusconi) sont partisans du non au référendum. La BCE pourrait tenter d’acheter davantage de bons du Trésor italien afin de renflouer les caisses de l’État transalpin. Envisageant une victoire du non, de futures élections, les investisseurs se délestent massivement des obligations italiennes dont les taux sont passés à 2% à présent pour les valeurs à dix ans. Ce alors qu’en d’autres pays, dont l’Allemagne au premier plan, ils sont nuls ou négatifs. L’Italie a connu 67 gouvernements en 70 ans. Les banques italiennes regroupent près de 40% des créances douteuses de la zone euro. Pour sortir du marasme, un nouveau gouvernement, qui serait difficile à constituer et devrait faire face à une dette insupportable, pourrait envisager très fortement le retour à la lire, abandonnée en 2002.

Référendum complexe

En une seule question, cinq propositions sont soumises au vote lors de ce référendum. L’une vise à réduire les pouvoirs des sénateurs, qui actuellement peuvent démettre le gouvernement, au profit des députés. Une autre, bienvenue, prévoit la réduction du nombre des parlementaires. Les trois autres sont plus techniques. Mais ce référendum tourne au plébiscite. Le camp du non (13 partis ou formations) dénonce un trop fort renforcement du pouvoir gouvernemental. Celui du oui (9 partis ou mouvements) est un peu plus homogène. La presse est aussi divisée mais les trois plus grands quotidiens observent une certaine neutralité (Repubblica, Stampa, Corriere). Un Italexit se profile. Mais à quelle échéance ? Il est cependant évitable si le président italien repoussait les élections à 2018 en redésignant Renzi à la tête d'un nouveau gouvernement. Envisageable, l'Italexit ? Oui. Inéluctable.? Non.