C'est un coup dur pour la gauche mondiale : les Européens ne participeront pas à l'hommage de #Castro à la Havane. Même le socialiste Hollande a décliné l'invitation de son homologue cubain Raul Castro. Il a demandé à la troisième force de son gouvernement d'y participer à sa place, à savoir son ex-femme Ségolène Royal. L'actuel président américain Obama ne sera pas non plus au rendez-vous. Même les alliés historiques du gouvernement socialiste révolutionnaire ont décliné l'invitation : la Chine, l'Iran et la Russie n'enverront pas leur dirigeant respectif à la Havane. Seuls les petits frères latino-américains, très émus par la mort de Castro, se rendront à la cérémonie du 29 novembre. L'Equatorien Correa, le Bolivien Morales, le Vénézuélien Maduro ou le Nicaraguayen Ortega seront présents. Bien d'autres encore : la Colombie, le Mexique, le Honduras et le Panama. Mais il ne faut pas oublier les dirigeants africains, dont certains pays ont été aidés par le régime castriste lors de la décolonisation. De sorte que le dirigeant du Zimbabwe Mugabe, celui du Kenya Kenyatta, celui de Guinée Equatoriale Obiang, celui d'Afrique du Sud Zuma ainsi que celui de Namibie Geingob ont accepté l'invitation.

Derrière le refus européen, un signal politique fort

Sans doute les Européens veulent-ils apaiser les vieilles tensions de la Guerre froide en rappelant leur loyauté à leur allié américain. C'est également une invitation à la pacification des relations russo-américaines de la part de Poutine, qui a été enclenchée dès l'élection à la présidence de Trump. En tout cas, Tsipras, dirigeant grec issu de la gauche radicale, a été le seul européen à accepter l'invitation cubaine. Bref, dans un monde qui semble se fissurer de nouveau, le refus de certains de venir est symbolique d'une volonté de réconciliation. Car #Cuba, depuis 1962, représentait une pomme de discorde entre les deux principaux blocs de la Guerre froide. En ce sens, le rapprochement des deux puissances russe et américaine est enclenché. Les pays émergents ont également souhaité réaffirmer leur fidélité aux camps de la mondialisation russe et américain - ces derniers qui, en tant que pays du Tiers-Monde, les combattaient au siècle dernier.