Le quartier périphérique de Tahrir et une partie de celui de Muharabeen qui le jouxte sont désormais aux mains des forces spéciales irakiennes, le Service contre-terroriste (SCT), mais leur progression est retardée par la fuite des civils provenant du district d’Aden… Les forces irakiennes sont appuyées par des militaires étasuniens pour sécuriser les zones dégagées dans Mossoul et pour le moment, les forces #Kurdes s’abstiennent de s’avancer aux abords de la ville. L’ouest, au-delà de Tal-Afar, reste sous le contrôle du Califat mais des milices chiites tiennent des positions coupant les possibilités de retrait des djihadistes vers la Syrie et Rakka. L’aéroport de Tal-Afar est ainsi contrôlé par l’armée irakienne. Ce n’est encore qu’une faible partie – environ un dixième – du territoire urbain qui est repris, mais les combats se déroulent déjà dans une douzaine de quartiers sur cinquante. Les djihadistes refluent mais à peu près en bon ordre, évacuant des habitations où se trouvent parfois encore des civils. Parfois, s’ils sont isolés, ils se font sauter s’ils ne peuvent pas fuir à couvert. Ils y sont incités. Le magazine en ligne de Daesh, al-Naaba, a diffusé jeudi dernier un entretien avec un commandant djihadiste se félicitant que les volontaires pour le ‘’martyre’’, soit se livrer à des attaques-suicides sont chaque jour plus nombreux. Cependant, les forces irakiennes ont fait déjà des dizaines de prisonniers. Le même commandant a fait état de combats à l’ouest de la ville avec les milices chiites, redoutées par les citadins sunnites majoritaires, sans donner d’assurance sur leur issue. Les forces de la coalition ne donnent que fort peu de chiffres sur les morts ou blessés au combat, qu’il s’agisse de leurs troupes ou de celles des djihadistes, ou encore de civils pris entre des feux croisés. Mais les djihadistes ont procédé à des exécutions de masse, notamment de policiers ou ex-policiers révoqués par le califat, et de jeunes présumés enclins à combattre à l’intérieur de la ville. La prise totale de #Mossoul pourrait s’étendre sur des semaines, voire plusieurs mois…

Turcs et Kurdes s’observent

Le Croissant rouge turc a acheminé des secours destinés aux civils de Mossoul jusqu’à Erbil, ville sous contrôle kurde : un convoi de 108 camions, affrétés soit par le Croissant rouge, soit par la Défense civile turque, transporte des tentes, du matériel et des vivres. Les peshmergas kurdes restent en retrait aux abords de Mossoul mais indiquent aussi qu’ils n’ont pas l’intention de refluer. Ils font aussi valoir qu’avant la prise de la ville par le califat, elle comptait environ 300 000 Kurdes. Le président des Kurdes d’Irak, Masoud Barzani, a proclamé que les peshmergas prendraient part à la libération de Mossoul. Selon un accord passé avec Bagdad, les peshmergas devaient se retirer sur leurs positions antérieures à l’offensive qui a débuté le 17 oct. dernier. Le président kurde a fait valoir que près de 12 000 peshmergas avaient trouvé la mort ou restaient grièvement blessés depuis 2014. Les Kurdes ont pris Bashiqa (Bachiqa) et n’ont pas l’intention de s’en retirer. Les Turcs désirent surtout que les Kurdes de Syrie se retirent des positions conquises. Ces derniers, soutenus par les États-Unis, entendent participer à la libération de Rakka, la ‘’capitale’’ du califat en Syrie. Mais Ankara avait aussi fortement laissé entendre qu’elle entendait obtenir un droit de regard sur le futur de Mossoul, du fait de la présence d’une minorité turkmène dans la ville. La suite dépendra sans doute aussi des nouvelles relations instaurées entre les États-Unis présidés par Donald Trump et la Russie de Vladimir Poutine. #Daesh