La reprise d’#Alep par l’armée syrienne semble de plus en plus proche. En effet, depuis le début de l’offensive, lancée le 15 novembre dernier, les forces gouvernementales ne cessent d’avancer sur les territoires occupés par les rebelles. D’un point de vue militaire et politique, la prise d’Alep porterait un coup très dur à l’opposition syrienne, synonyme de chute de la rébellion. Plusieurs positions sont tombées aux mains des forces et des milices de l’armée syrienne sans grande résistance. Celles-ci tiennent désormais près d’un tiers de la partie insurgée. « Si les bombardements se poursuivent avec la même intensité, et que le régime maintienne sa tactique de siège, la chute d’Alep va s’accélérer », précise Bassam Al-Ahmad, militant des droits de l’homme exilé en Turquie.

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La prise d’Alep au nez et à la barbe de la communauté internationale sonnerait comme un véritable coup de massue porté aux rebelles. Ancienne capitale économique du pays, la ville est aujourd’hui l’épicentre de la guerre. Depuis 2012, celle-ci est divisée entre les forces loyalistes à l’ouest et les opposants au régime à l’est, séparant Alep en deux par une ligne de démarcation qui traverse la vieille ville. De plus, la cité revêt aussi une place importante dans le conflit de par sa population, 1,5 million d’habitants, vivant pour l’essentiel dans la zone gouvernementale. D’autres territoires restent encore sous le contrôle de la rébellion dans le nord et dans l’ouest de la province d’Alep, au nord de Homs, dans la région de Damas. Néanmoins, ces possessions sont beaucoup moins symboliques et restent très rurales et fragmentées.

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Une catastrophe humanitaire

Plus de 10 000 civils ont déjà fui les combats. 250 000 habitants résident toujours à l’est d’Alep et vivent dans des conditions humanitaires épouvantables, sous le poids des bombardements aveugles de l’armée syrienne qui pilonnent le sud-est de la ville. « Ce sont les pires journées depuis le début du siège. La situation est catastrophique. Il y a un exode massif et le moral est au plus bas, témoigne Ibrahim Abou Laith, porte-parole des Casques blancs, le service de secouristes d'Alep-Est. Il n'y a ni nourriture, ni eau, ni abri, ni moyens de transport, les gens dorment dans la rue ! Jusqu’à quand le monde sera-t-il contre nous ? », s’alarme-t-il. D’après l’observatoire syrien des droits de l’homme, l’offensive lancée a déjà fait plus de 247 morts parmi les civils, dont 32 enfants.

Bachar el-Assad en position de force

Du point de vue du dictateur syrien, la prise d’Alep serait une double victoire éclatante. Militaire, puisqu’il détiendrait la plupart des grandes villes du pays et renforcerait ses positions territoriales.

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Politique ensuite, puisqu’il affaiblirait l’opposition et ses alliés (Arabie Saoudite, Qatar, Turquie et pays occidentaux). De plus, cette victoire renforcerait l’influence et le poids des soutiens de Damas dans les relations internationales, au premier plan desquels la Russie. Une victoire synonyme de tournant qui pourrait changer la donne sur la scène internationale avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. « On sait que Trump n'a pas tellement envie de s'investir en #Syrie. Si en plus Alep tombe, ce n'est plus la peine de soutenir l'opposition syrienne », souligne Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie. #Bachar Al-Assad