La communauté internationale montre son indignation vis-à-vis de la contestation des résultats de l’élection présidentielle par Yahya Jammeh. La communauté internationale a salué avec des hourras monumentaux la victoire de l’homme d’affaires Adama Barrow, montrant que la vision occidentale de la #Démocratie est en train de triompher en #Afrique. Peine perdue. Le Président dictateur de Gambie, selon les normes de catégorisation de l’intelligentsia occidentale, a rebattu les cartes et demande une nouvelle élection.

Il y a des pays dans lesquels l’alternance politique devient la règle comme au Ghana, au Sénégal, en Tanzanie, au Cap Vert.

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Cette alternance séduit les démocrates et intellectuels occidentaux car elle répond à leurs normes de pensée et d’émotion dans la gouvernance politique. Les hommes d’Etat occidentaux en poste n’ont pas toujours la même attitude que les intellectuels car, au nom de leurs intérêts personnels et de la géopolitique mondiale, ils sont tout à fait capables d’accepter des dictateurs en Afrique et leurs tripatouillages aux élections. La realpolitik est valorisée par rapport à l’émotion et aux droits de l’Homme. Ces hommes d’Etat occidentaux participent de la corruption en Afrique pour leurs comptes personnels mais aussi pour ceux de leurs entreprises nationales. Le monde est d’abord marqué par les affaires. Il faut féliciter la victoire de Trump aux Etat-Unis car le Président américain élu le dit clairement..

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Il a constitué son #Gouvernement dans ce sens: Rex Tillerson, Secrétaire d’Etat pressenti avant l’aval du Congrès, est un ancien PDG de Exxon, première firme mondiale de pétrole.

En Gambie Yahya Jammeh est au pouvoir depuis 22 ans grâce à un coup d’Etat. Jeune lieutenant, il est devenu l’homme fort de ce pays. L’Occident le sait depuis fort longtemps et fait mine de l’ignorer en dénonçant un Yahya Jammeh qui, mystiquement, a dû rater une marche en autorisant son adversaire politique à devenir Président de la République (Yahya Jammeh se dit mystique, guérisseur du SIDA et autres pathologies grâce à l’imposition des mains). Nous y sommes dans la démocratie à l’africaine, un concept nébuleux et clair à l’Africaine qui va à rebours de la pensée universelle et qui intègre les éléments de compréhension comme la tribu, le clan, le village, l’ethnie, le groupe politique dominant et de référence, les privilèges financiers, les réseaux et les trajectoires personnelles.

L’Occident fait mine de ne pas connaitre cette réalité.

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Depuis les années 1990 on a dit que la baisse des coups d’Etat en Afrique était liée à plus de démocratie en Afrique, c’est faux et c’est émotionnel car certains dirigeants africains (francophones et anglophones) ont parfaitement compris qu’il fallait sortir de l’émotion occidentale et construire des systèmes politiques à l’Africaine et de type Canada-dry. Dans la réalité la démocratie à l’Africaine est constituée par un ensemble de mesures concrètes comme la désignation des juges et conseillers à la Cour suprême et à la Cour constitutionnelle aux ordres des gouvernants du moment, la mise en place des commissions électorales indépendantes mais dépendantes du pouvoir en place.

La démocratie à l’Africaine repose sur un schéma concret psychologique et mental car les notions d’Etat, de Nation et de pays ne sont que des alibis qui valorisent plus la famille, le clan, la tribu et l’ethnie. L’Occident est complice de l’instauration de la démocratie à l’Africaine grâce à ses entreprises qui participent au tripatouillage des résultats des élections car certaines entreprises vendent des systèmes informatiques de comptage des votes ou de réalisation des cartes électorales soi-disant infalsifiables. Les Chefs d’Etat africains, souvent considérés comme naïfs par les Occidentaux, ne le sont pas et ont compris comment ils pouvaient manipuler l’Occident, ses intellectuels, ses hommes d’affaires, ses hommes politiques, ses entreprises qui actent en Afrique pour rester le plus longtemps au pouvoir.