#Rex Tillerson est désormais le Secretary of State nominé, soit le ministre des Affaires étrangères des États-Unis. Mais les liens du nouveau ministre avec Vladimir Poutine font tiquer divers sénateurs républicains et démocrates. La question de la levée des sanctions visant la #Russie après l’invasion de la Crimée en Ukraine entrainerait un conflit d’intérêt. Rex Tillerson détient 2,5 millions d’actions d’Exxon Mobil et leur valeur (151 MUSD) grimperait en cas de levée des sanctions. Car Exxon a de solides contrats avec Rosneft, la compagnie pétrolière russe. Si les démocrates s’opposaient à la nomination effective de l’ancien Pdg d’Exxon, il suffirait que trois sénateurs républicains se joignent à eux pour remettre en cause l’installation du successeur de John Kerry à Foggy Bottom (le surnom du State Department situé dans ce quartier).

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Le républicain Marco Rubio, opposé à #Donald Trump, a fait part publiquement de ses réticences. Or il appartient au comité des relations étrangères. De même, John McCain reste réservé, et deux autres sénateurs semblent vraiment hésiter. Mais en quarante ans, le seul ministre ayant été nommé (par G. Bush Sr, en 1989) fut celui de la Défense. Tant pour en raison d’éventuels conflits d’intérêts que pour sa personnalité discutable.

L’enjeu turc

L’un des dossiers chauds qu’il incombera au futur ministre de traiter, outre celui des relations avec le Mexique, sera bien sûr celui du Proche-Orient. Avec un acteur clef, la Turquie. Ce pays s’est rapproché de la Russie mais n’en a pas obtenu déjà ce qu’il en espérait. Il est dépendant de la Russie pour son approvisionnement en gaz mais Gasprom refuse jusqu’à présent de lui accorder les rabais demandés.

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Le pays pourrait voir se renforcer sa dépendance énergétique. Deux autres questions négociables restent en suspens entre les deux pays : utiliser les monnaies nationales et non plus le dollar pour les échanges commerciaux et abolir l’obligation de visas. Le devenir du régime syrien de Bachar al-Assad est aussi un point de discorde entre Ankara et Moscou. Les Turcs ne soutiennent plus aussi activement l’Armée syrienne libre qui reste son alliée contre Daesh et possiblement les Kurdes syriens à l’avenir.

Le dilemme chinois

Rex Tillerson et Donald Trump se sont longuement entretenus, sans doute aussi sur l’attitude à adopter face à la Chine, dont les relations avec la Russie sont stables. Pour le moment, rien n’a filtré sur les vues respectives des deux hommes quant à l’avenir des relations commerciales entre la Chine et les États-Unis. Rex Tillerson pourrait être secondé par John Bolton, ex-ambassadeur auprès des Nations-Unies. Ce dernier est aussi contesté pour être hostile aux sanctions économiques et très réticent à l’égard des interventions humaines ou de l’engagement des forces armées à l’étranger.

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C’est aussi un conservateur lié au complexe militaro-industriel. Sur le plan intérieur, le Secrétariat d'État ne détient plus que des fonctions protocolaires mais l'influence de son détenteur est grande en divers domaines. Notamment dans l'environnemental. Rex Tillerson est considéré moins climato-sceptique que Donald Trump mais Exxon a passé des accords avec la Russie pour une exploitation conjointe des ressources en énergies fossiles de l'Arctique.