On s'en souvient, les relations étaient tendues entre les Philippines et les Etats-Unis. L'un étant une ancienne colonie de l'autre, le nouveau chef populiste des Philippines s'était élevé contre l'administration Obama, qui n'approuvait pas ses méthodes. Il est vrai qu'une fois élu, cet été, le président philippin a déclaré que son peuple avait l'autorisation de tuer (purement et simplement) chaque personne qu'il soupçonnerait de trafic de drogue. Certes, ce plan a plutôt bien fonctionné, de par sa radicalité, mais il a eu une contrepartie : en quelques mois seulement, 4800 morts. Parmi ces morts, certains n'ont rien à voir avec le trafic de drogue, et sont juste victimes d'erreurs (volontaires ou non) de leurs voisins.

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Une milice a même été fondée, composée de chasseurs de primes, engagés par des particuliers pour assassiner des particuliers. Devant l'ampleur du phénomène, la plupart des trafiquants de drogue avérés se sont rendus et s'entassent dans des prisons devenues beaucoup trop petites pour les accueillir. Bref, on peut le dire, l'état de nature est de retour dans ce pays. C'est l'anarchie, et le seul populisme d'un homme en est responsable. L'ordre international en est menacé, puisque les Philippines coupent les ponts avec ceux qui n'approuvent pas ses méthodes.

Des relations tumultueuses avec les Etats-Unis

Cet éloignement des Philippines vis-à-vis des Etats-Unis, qui n'approuvent pas ces méthodes radicales, remonte seulement à l'été dernier et à l'élection en juin de #Duterte à la tête de l'Etat.

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Or, le nouveau président élu américain Trump aurait soutenu ces agissements, selon les dires du président philippin. Rien de très étonnant, venant d'un Trump haut en couleurs. Cependant, c'est la première fois dans l'histoire qu'une administration aussi importante que celle des Etats-Unis approuve l'assassinat de milliers de personnes au nom de la lutte contre la drogue. Voici ce qu'a révélé Duterte au sujet du soutien trumpiste à sa politique : "Il a été tout à fait sensible à nos problèmes avec la drogue, et il m'a souhaité de réussir dans ma campagne de lutte, et il m'a dit que nous la menions en tant que nation souveraine, avec la bonne méthode."

Indéniablement, le président philippin partage de nombreux traits de caractère avec le nouveau président américain. Pour commencer, ils ont presque le même âge : Duterte a 71 ans, et Trump en a 70. Ensuite, on peut sans trop de parti pris les considérer comme populistes : ils ont été élus en promettant à leur peuple de leur rendre le pouvoir.

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De plus, tous deux ont le verbe haut et ont commis des maladresses : Duterte a évoqué le génocide de 6 millions de Juifs en se donnant pour objectif de faire autant de victimes, Trump, quant à lui, a multiplié les clichés véhiculés sur les Juifs lors de sa campagne. De sorte que ces deux personnalités semblent faites l'une pour l'autre. Duterte fut d'ailleurs l'un des premiers à téléphoner à Trump pour le féliciter de son élection en tant que Président des Etats-Unis. Ainsi, une nouvelle alliance semble se dessiner entre les Etats-Unis et les Philippines, mais à quel prix ? #Donald Trump