Selon #Donald Trump, sa priorité sera de faire ériger son ‘’mur’’ à la frontière mexicaine (qui sera pour partie du grillage, dit-il désormais), avant de traquer les immigrants en situation irrégulière et de les expulser. Mais sa promesse de faire expulser très vite entre deux et trois millions de personnes reste prise aux sérieux sur les réseaux sociaux. Après les vagues de messages vengeurs accompagnés de photos ou de clips d’ex-époux ou amantes en très petites tenues ou dénudés diffusés par les délaissés ou trompées, voici les clapotis devenus tsunami des ex-compagnes et compagnons d’immigrées ou d’#immigrés qui les localisent en espérant qu’elles ou ils n’échapperont pas aux rafles.

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Certains messages relèvent du déni et commencent par ‘’J’espère bien que Trump ne va pas faire déporter…’’ (Untel ou Unetelle qui réside — l’adresse complète est indiquée — et travaille à…). Pour le moment, le futur président n’a pas réagi. Selon lui, au cas où les immigrants en situation irrégulière voudraient fuir d’eux-mêmes vers le Mexique (et quid du Canada ?) et éviter emprisonnement et déportation, il convient de sécuriser d’abord les quelque 3 100 km de la frontière sud des États-Unis. Cela étant, sa promesse de premières expulsions massives demeure. Les ex des personnes concernées l’entendent bien de cette oreille et multiplient déjà les messages très circonstanciés sur les réseaux sociaux.

Délation virale

La formule ‘’I hope Trump don’t deport’’ (ou plus correctement ‘’does not’’ ou ‘’will not’’) en tête de tweets ou de publications Facebook ou autres, s’accompagne parfois de captures d’écran de Google Maps.

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Pour indiquer la résidence d’une ou d’un ex, ou même parfois d’un restaurant, d’une carriole de vendeur ambulant de tacos ou autres spécialités mexicaines ou étrangères, &c. La presse américaine s’en fait l’écho et par exemple, le Miami New Times reproduit divers messages destinés à attirer l’attention du ‘’Twitter-in-chief’’ Donald Trump. Les posts s’accompagnent parfois de photos de la personne ou de sa résidence. La formule de #délation est devenue virale dans pratiquement tous les États. Au point que, rapporte la presse, des employés et collaborateurs des réseaux sociaux (dont Twitter) ou de Google ont signé une lettre ouverte à l’intention de leurs directions et collègues : ‘’Nous choisissons de manifester notre solidarité avec les musulmans américains, les immigrants, et toutes les personnes dont les vies et conditions d’existence sont menacées par l’intention de la future administration de procéder à des collectes de données’’. Les internements massifs de Japonais ou Japonais américains après Pearl Harbour sont très souvent évoqués.

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Il est estimé qu’environ 11 millions de personnes résident en situation illégale aux États-Unis, la plupart sont des Latinos ou des Africains, mais cela concerne aussi de nombreux Européens. Depuis quelques jours, la presse locale et régionale reproduit de tels messages masquant ou non l’identité de l’émetteur et presque toujours celle de la personne visée ainsi que les indications pour la localiser. Depuis le 8 novembre, 867 actes d’agression visant des Noirs ou des étrangers ont été reportés aux autorités. Mais ce n’est que le sommet de l’iceberg et dès le début des primaires républicaines, les propos de Donald Trump ont entraîné de multiples réactions xénophobes ou racistes. La délation virale s'amplifie. Des étudiants pro-Trump exigent aussi la révocation des enseignants s’étant prononcés contre lui ou les mesures qu’il préconise. A l’inverse, les pages DeportTrump se multiplient sur Facebook. Mais parfois, comme dans le cas d’un étudiant égyptien en Californie, les commentateurs étrangers de ces pages font l’objet d’enquêtes policières. Pour le moment, @realDonaldTrump n’a pas réagi et à l’instant, son dernier message remontait à… 16 heures. Un record d’inactivité ! Le phénomène gagne l'Europe : après un article du Daily Mail sur le sujet, de tels messages sont apparus au Royaume-Uni.