C'est un nouveau séisme pour l'#Italie : dimanche 4 décembre, après les premiers résultats du référendum, #Renzi a été contraint de reconnaître sa défaite. Il avait promis de démissionner s'il était désavoué suite à ce référendum. C'est chose faite. La participation a été plus nombreuse que lors des autres élections : on l'estime à 68% du corps électoral italien. En effet, tous se sentent concernés quand on leur demande leur autorisation pour modifier la Constitution. Or, le "non" obtient 68% des suffrages. C'est donc une énorme défaite pour le président du Conseil italien. Cette démission est également la fin d'une campagne violente entre les partisans du "oui", c'est-à-dire le gouvernement, et les partisans du "non", c'est-à-dire les régionalistes.

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C'est la première claque officielle du peuple à son chef d'Etat depuis qu'il a renversé Berlusconi il y a quelques années.

Un texte impopulaire

Matteo Renzi souhaitait promulguer un texte inscrivant dans la Constitution une centralisation plus grande des institutions. Autrement dit, la capitale, Rome, aurait eu davantage de pouvoirs décisionnels en ce qui concerne les collectivités territoriales, à travers tout le pays. Cela, les régionalistes ne pouvaient l'accepter, puisqu'ils défendent une Italie fédérale, un peu à l'image de l'Allemagne et des Etats-Unis. Historiquement, cela se comprend facilement : avant son unité nationale au XIXè siècle, la péninsule n'était qu'un émiettement d'Etats morcelés, sans cesse en conflit. La stratégie du Piémont-Sardaigne avait été de demander l'unité italienne en promettant une relative autonomie de chaque province, et cela ne s'était pas seulement fait par la guerre, mais surtout par des plébiscites.

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De sorte que l'on peut comprendre que les anciens Etats italiens prennent cette décision comme une trahison de la part de Rome. Cela se vérifie jusque dans les résultats : seuls les anciens Etats progressistes, favorables dès le début à l'unité, à savoir la Toscagne, l'Ombrie et l'Emilie-Romagne, ont accepté cette réforme constitutionnelle. Néanmoins, les anciens bastions monarchistes et indépendantistes tels que la Sicile, la Calabre, la Lombardie ou la Vénétie n'ont pas été convaincus par cette proposition, et ont massivement voté "non". Outre les régions, c'est la droite en général et l'extrême droite (M5S et Ligue du Nord) qui refusaient la réforme. Le texte a même été dénoncé à la gauche du président du Conseil.

Régionalistes et nationalistes profitent de leur victoire

Les régionalistes, comme la Ligue du Nord, et les nationalistes, comme le Mouvement Cinq Etoiles, se sont sentis pousser des ailes à l'annonce de leur victoire, et ont réclamé la tenue d'élections anticipées. Mais, pour l'instant, cela n'est pas à l'ordre du jour.

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Le gouvernement ayant démissionné, il sera pour l'instant remplacé par un gouvernement provisoire, qui devra veiller à la bonne organisation de nouvelles législatives. Ainsi, le représentant de la Ligue du Nord, Beppe Grillo, qui ne s'était fait connaître que par ses passes d'armes avec Renzi, envisage désormais une carrière nationale, alors que jusque-là il ne représentait que la région Piémont. Il souhaite faire sortir l'Italie de la zone euro, notamment.